Le cours en direct

Cette série d'approfondissements a été créée à partir de quelques concepts et principes bahá'ís qui sont parmi les plus fondamentaux et significatifs. Ils sont présentés sous la forme d'une sélection de citations qui visent à susciter la réflexion. Il y a un lien à partir de chaque chapitre qui vous amène directement au contenu.

1. L'esprit humain

*       Selon les Écrits bahá'ís, qu'est-ce que l'âme humaine ?

*       Comment l'âme humaine se développe-t-elle ?

*       Selon les Écrits bahá'ís, quels sont les règnes ou niveaux de l'esprit ?

*       Quelles sont les deux " natures " de l'être humain ?

*       Qu'est-ce que la " seconde naissance ", selon les Écrits bahá'ís ?

*       Est-ce que l'être humain a toujours possédé une âme ? L'espèce humaine a-t-elle évolué graduellement as the human being always possessed a soul?

*       Comment peut-on comparer le développement de l'individu et le développement de l'humanité ?


2. La vie après la mort

*       Quels sont les arguments présentés par 'Abdu'l-Bahá et Bahá'u'lláh en faveur de l'immortalité de l'âme ?

*       Quelles sont quelques-unes des caractéristiques du monde spirituel ?

*       What are some of the characteristics of the spiritual world?

*       Est-ce que la vie éternelle dépend de nos propres efforts ou de la grâce de Dieu ?

*       Quels sont quelques-uns des pouvoirs et caractéristiques de l'âme après la mort physique ?

*       Décrivez la relation entre l'âme et le corps.


3. La prière et la méditation

*       Quelle doit être l'attitude de la personne qui prie Dieu ?

*       Quels sont les différents environnements pour la prière ?

*       Quelles sont les raisons pour prier ?

*       À qui est-ce qu'on prie ?

*       Que veut-on dire par " la méditation " ?

*       Quelle est la relation entre la méditation et la prière ?


4. Vivre la vie

*       Quelle est la raison de l'existence des lois religieuses?

*       Quelles sont les deux sortes de lois dans chacune des religions divinement révélées ?

*       Quels sont quelques-uns des enseignements bahá'ís concernant l'unité et l'amour de l'humanité ?

*       Comment peut-on développer l'amour et l'unité dans la communauté bahá'íe et dans le monde ?


5. Les Manifestations de Dieu

*       Quel est le rôle des Messagers ou " Manifestations " de Dieu ?

*       Comment l'analogie du soleil et des saisons est-elle utilisée pour expliquer le rôle des Manifestations de Dieu ?

*       Quels sont les " deux aspects " des Manifestations de Dieu ?

*       Pourquoi est-ce qu'il y a eu plusieurs Manifestations de Dieu au cours de l'histoire ?

*       Pourquoi les Manifestations de Dieu ont-elles accepté de souffrir ?


6. Les figures centrales : le Báb

*       Qui est le Báb ? Qui sont les " Lettres du Vivant " ? Comment ont-ils découvert le Promis ?

*       D'après les propos du Báb lui-même, quelle est la signification de " la résurrection " et quel est le rôle qu'Il était destiné a joué ?

*       Quels ont été les événements majeurs de l'" âge héroique " de la foi bahá'íe (1844-1853) ?

*       Quel était le " double rang " du Báb ?


7. Les figures centrales : Bahá'u'lláh

*       Qui est Bahá'u'lláh ?

*       Quelles étaient les similitudes entre les circonstances de la révélation de Bahá'u'lláh et celles de la révélation des autres Manifestations de Dieu ?

*       Quels événements ont suivi cette révélation ?

*       Quels ont été les résultats des adversités subies par Bahá'u'lláh ?

*       Nommez quelques enseignements de Bahá'u'lláh.

*       Selon votre compréhension, quels sont son rang et sa mission ?


8. Les figures centrales : 'Abdu'l-Bahá

*       Qui est 'Abdu'l-Bahá ? Décrivez brièvement son rang et sa mission.

*       Nommez quelques-uns des accomplissements d''Abdu'l-Bahá.

*       Quel a été l'effet de la personnalité d''Abdu'l-Bahá sur ceux qui sont entrés en contact avec lui ?

*       Qu'est-ce qu' 'Abdu'l-Bahá a prévu pour le futur de la Cause avant son ascension ?

L'esprit humain

Session un

 Selon les Écrits bahá'ís, qu'est-ce que l'âme humaine ?

1. Ayant créé le monde et tout ce qui y vit et s'y meut, Dieu a voulu conférer à l'homme, en privilège unique, par l'opération directe de sa volonté libre et souveraine, la capacité de le connaître et de l'aimer, le dotant ainsi d'une faculté dont l'exercice doit être regardé comme la raison d'être, la fin principale et dernière de toute la création... Sur l'essentielle réalité de chaque chose créée, Il a répandu la lumière d'un de ses noms et, de chacune d'elles, il a fait le siège d'un de ses attributs. Mais sur la réalité de l'homme, Il a concentré l'éclat de tous ses noms et attributs et Il en a fait le miroir de sa propre Personne. Seul entre toutes choses créées, l'homme a été choisi comme objet d'une si grand faveur.

Mais ces énergies dont l'Étoile du Matin de la bonté divine et la Source de la direction divine ont doté l'essentielle réalité de l'homme ne sont en lui que latentes, comme est latente la flamme dans la bougie et comme les rayons de la lumière sont en puissance dans la lampe. L'éclat de ces énergies peut être obscurci par les désirs d'ordre terrestre comme la lumière du soleil peut être cachée sous la poussière et les impuretés qui recouvrent le miroir. Ni la lampe ni la bougie ne peuvent s'allumer d'elles-mêmes, et le miroir ne saurait davantage, par ses propre moyens, se débarrasser de ses souillures. Il est évident que, si on ne l'allume pas, la lampe n'éclairera pas et que, jusqu'à ce que soit enlevée la poussière qui le recouvre, le miroir ne pourra refléter le soleil.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XXVII, p. 44-45

2. Tu m'as interrogé sur la nature de l'âme. Sache, en vérité, que l'âme est un signe de Dieu, une gemme céleste dont la réalité a échappé aux plus savants des hommes et dont aucun esprit, si pénétrant qu'il soit, ne peut espérer sonder le mystère. Elle est, de toutes choses créées, la première à proclamer l'excellence de son Créateur, à reconnaître sa gloire, à s'attacher à sa vérité et à se prosterner en adoration devant Lui. Si elle reste fidèle à Dieu, elle reflétera sa lumière et, finalement, retournera à Lui. Mais, si elle manque à l'allégeance qu'elle Lui doit, elle succombera à l'égoïsme et aux passions et finira par sombrer dans leurs abîmes. [...]

Il a beaucoup été écrit dans les livres anciens sur les divers degrés du développement de l'âme, tels que : concupiscence, irascibilité, inspiration, bienveillance, contentement, bon plaisir divin, etc. La plume du Très-Haut répugne cependant à insister sur ce sujet. Toute âme qui, en ce jour, chemine humblement avec son Dieu et s'attache à Lui se trouvera honorée et glorifiée par toutes les qualifications et par tous les rangs excellents.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, LXXXII, p. 105-106

3. Il est manifeste qu'au-delà de ce corps matériel, l'homme est doté d'une autre réalité qui est le monde des exemples constituant le corps céleste de l'homme. En parlant, l'homme dit : " Je voyais ", " je parlais ", " j'allais ". Qui est ce " Je " ? Il est évident que ce " Je " est différent de ce corps. Il est clair que, lorsque l'homme pense, c'est comme s'il conférait avec une autre personne. Avec qui confère-t-il? Il est évident que c'est une autre réalité ou quelqu'un en dehors de ce corps avec qui il entre en consultation lorsqu'il pense : " Ferai-je ou non ce travail ? ", " Si je fais cela, qu'en résultera-t-il ? " [...] Et alors cette réalité dans l'homme lui communique son opinion concernant le point en litige. En conséquence, cette réalité dans l'homme est, de façon claire et évidente, autre que son corps, un ego avec lequel l'homme confère et dont il recherche l'opinion. [...]

Cette autre réalité intérieure s'appelle le corps céleste, la forme éthérée qui correspond à ce corps. C'est la réalité consciente qui découvre la signification intérieure des choses, car le corps extérieur de l'homme ne découvre rien. La réalité éthérée intérieure saisit les mystères de l'existence, découvre les vérités scientifiques et indique leur application technique. Elle découvre l'électricité, produit le télégraphe, le téléphone et ouvre la porte au monde des arts. Si le corps extérieur matériel faisait cela, l'animal serait également capable de faire de merveilleuses découvertes scientifiques, car l'animal partage avec l'homme tous les pouvoirs et toutes les limitations physiques. Quel est donc ce pouvoir qui pénètre les réalités de l'existence et que l'on ne peut trouver dans l'animal ? C'est la réalité intérieure qui comprend les choses, qui jette la lumière sur les mystères de la vie et de l'existence, qui découvre le royaume céleste, qui décèle les mystères de Dieu et qui différencie l'homme de la bête. De cela il ne peut y avoir aucun doute.

- 'Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'unité du monde, p. 149-150

4. L'esprit humain, qui constitue la différence entre l'homme et l'animal, est l'âme douée de raison; et ces deux expressions, l'esprit humain et l'âme douée de raison, désignent une seule et même chose. Cet esprit qui, dans le langage des philosophes, devient l'âme douée de raison, enveloppe l'ensemble des existences, et c'est lui qui, suivant le pouvoir de l'homme, découvre les réalités des choses et apprend les qualités et les effets des contingences, les conditions et les propriétés des choses. Mais, tant que l'homme ne reçoit pas l'assistance de l'esprit de foi, il n'apprend pas les secrets divins ni les vérités éternelles. Tel un miroir, il a beau être clair, propre et brillant, il lui faut de la lumière ; tant qu'un rayon de soleil ne vient pas luire sur l'homme, il ne découvre pas les mystères divins. Quant à la raison, c'est la faculté de l'esprit humain. Si l'on compare l'esprit à une lampe, la raison est la lumière qui y brille. Si l'on compare l'esprit à un arbre, la raison en est le fruit. La raison est la perfection de l'esprit et son attribut essentiel, comme la lumière solaire est la qualité essentielle du soleil.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. LV, p. 214-215

5. Par l'apparition de l'esprit dans le corps, ce monde devient lumineux. L'esprit de l'homme fait vivre le corps de l'homme. De même, le monde est comme le corps, et l'homme comme l'esprit. S'il n'y avait pas d'homme, les perfections de l'esprit n'apparaîtraient pas et les lumières de l'intelligence ne resplendiraient pas dans ce monde qui serait comme un corps sans esprit.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. LII, p. 207

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Comment l'âme humaine se développe-t-elle ?

1. L'homme est au rang suprême de la matérialité et au commencement de la spiritualité, c'est-à-dire qu'il est la fin de l'imperfection et le commencement de la perfection. Il est au dernier degré des ténèbres et au commencement de la lumière; aussi a-t-on dit que la condition de l'homme était la fin de la nuit et le commencement du jour, c'est-à-dire qu'il réunit tous les degrés des imperfections et possède les degrés des perfections. Il a le côté animal aussi bien que le côté angélique, et la raison d'être de l'éducateur est d'instruire les hommes de façon que le côté angélique l'emporte sur le côté animal. Donc, si, chez l'homme, le pouvoir divin, qui est la source de toute perfection, l'emporte sur le pouvoir satanique,* source de toute imperfection, il devient la plus noble des créatures; si c'est le contraire, il devient la plus basse. Voilà pourquoi il est la fin de l'imperfection et le commencement de la perfection. Dans les espèces autres que l'espèce humaine, on ne rencontre pas une différence, une opposition, un contraste et une contradiction semblables.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. LXIV, p. 240-241

2. Si la terre n'avait pas d'éducateur, elle deviendrait une jungle où pousseraient des herbes folles. Mais si un cultivateur vient et la laboure, elle produit des moissons qui nourrissent les êtres vivants. Il est donc évident que la terre dépend des soins que lui donne le cultivateur. Considérez les arbres : s'ils demeurent incultes, ils ne donnent pas de fruits [...]. Mais, s'ils reçoivent les soins d'un jardinier, ces arbres stériles deviennent fruitiers ; et par la culture, la fertilisation et la greffe, l'arbre aux fruits amers donne des fruits savoureux. [...] De même chez les animaux : remarquez que, lorsque l'animal est éduqué, il devient domestique et que, lorsque l'homme n'est pas éduqué, il devient bestial. Bien plus, si vous le laissez sous l'empire de la nature, il devient pire qu'un animal, tandis que, éduqué, il devient un ange !

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. III, p. 15

3. Quand l'homme est éprouvé par la souffrance son âme et son esprit connaissent le progrès. Le germe croît d'autant mieux et la moisson se révèle d'autant plus riche que la terre est bien labourée. De même que le soc tranche et retourne la glèbe en profondeur et que le sol en est épuré des mauvaises herbes et des ronces, ainsi l'homme est-il libéré par la souffrance des histoires mesquines de cette vie temporelle et qu'il en vient au détachement complet. Il aura dans ce monde l'attitude de la félicité divine. L'homme est pour ainsi dire un fruit vert que la chaleur du feu de la souffrance fera mûrir. Considérez les époques révolues : vous vous rendrez compte que les plus grands hommes sont ceux qui ont souffert le plus. [...] C'est par la souffrance qu'il parviendra à un bonheur éternel que rien ne pourra lui enlever. - 'Abdu'l-Bahá, Paris Talks, p. 178 [traduction provisoire] 4. Il a doté toute âme de la capacité de reconnaître les signes de Dieu. Autrement, comment eût-il tenu la promesse qu'Il avait faite aux hommes ? Mais Il n'est injuste envers personne et ne charge aucune âme au-delà de ce qu'elle peut supporter. Il est, en vérité, le Compatissant, le Très-Miséricordieux.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, LII, p. 70

5. Le Créateur a tiré tous les hommes d'une même substance et Il a exalté leur réalité essentielle au-dessus de tout le reste de ses créatures. Succès ou échec, gain ou perte dépendent en conséquence de leurs propres efforts. Plus grands seront ces efforts et plus ils progresseront.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XXXIV, p. 55

6. La raison de l'apparition de l'esprit dans le corps est la suivante: l'esprit humain est un dépôt divin; il doit traverser tous les degrés, car son passage et son mouvement à travers les degrés de l'existence sont le moyen par lequel il acquiert les perfections. Ainsi, losrqu'un homme traverse des contrées différentes et des pays nombreux, systématiquement et avec méthode, c'est certainement pour lui un moyen de se perfectionner, car il voit des événements, des spectacles, des contrées, il découvre le genre de vie et les moeurs des différents peuples, il apprend la géographie, les inventions et les arts des pays, il se familiarise avec les habitudes, les coutumes, les usages de peuples, il voit la civilisation et les progrès de l'époque et il connaît la politique des gouvernements, la capacité et la puissance de chaque pays.

De même, lorsque l'esprit de l'homme voyage dans les degrés de l'existence et qu'il passe par tous les rangs et toutes les conditions, et même dans la condition corporelle, il acquiert certainement des perfections.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. LII, p. 206

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Selon les Écrits bahá'ís, quels sont les règnes ou niveaux de l'esprit ?

1. Il n'y a donc aucun doute que, de tous les êtres créés, l'homme est le plus proche de la nature de Dieu et que, par conséquent, il reçoit une part plus grande de la divine bonté. Le règne minéral possède le pouvoir d'exister. La plante a le pouvoir d'exister et de croître. En plus de l'existence et de la faculté de croître, l'animal peut se mouvoir et faire usage de ses sens. L'espèce humaine possède tous les attributs des règnes inférieurs et bien d'autres encore. L'homme est la synthèse des créations antérieures, car il les contient toutes.

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 20 oct., p. 23-24

2. L'intelligence existe à des degrés divers suivant les règnes de la création. Les minéraux, les végétaux et les animaux sont incapables de comprendre ce qui est au-delà de leur propre création. [...] Il est impossible à n'importe lequel des règnes inférieurs de comprendre ce qui se passe dans l'esprit d'un être humain. L'animal ne peut se faire une idée de l'intelligence de l'homme ; il ne connaît que ce que perçoivent ses sens et ne peut rien se figurer d'abstrait. L'animal ne pourrait apprendre que la terre est ronde, qu'elle tourne autour du soleil, pas plus qu'il ne pourrait construire un télégraphe électrique. Ces choses-là ne sont accessibles qu'à l'homme. L'homme est l'oeuvre la plus noble dans la création et, de toutes les créatures, c'est la plus proche de Dieu.

Tous les règnes supérieurs sont incompréhensibles pour les règnes inférieurs ; comment, alors, serait-il possible à l'homme, cette créature, de comprendre le tout-puissant Créateur de tout?

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 20 oct., p. 22-23

3. Sachez que, d'une façon générale, l'esprit se présente sous cinq aspects différents. Premièrement, l'esprit végétal : c'est le pouvoir qui résulte de l'arrangement des éléments et du mélange des substances. [...] Quand ces substances et ces éléments sont séparés les uns des autres, le pouvoir de croissance est aussi détruit. [...]

Ensuite vient l'esprit animal qui, lui aussi, tient au mélange des éléments composants ; mais cette composition est plus parfaite. [...] Cet esprit aussi, après la dissociation et la séparation des substances composantes, disparaît naturellement.

Quant à l'esprit humain, on peut le comparer à l'effet, sur un miroir, de la bonté du soleil. Le corps de l'homme, qui est aussi un composé d'éléments, est combiné et mélangé dans la forme la plus accomplie : c'est l'établissement le plus solide, la combinaison la plus noble, l'existence la plus parfaite. Il se développe et pousse par l'esprit animal. Ce corps parfait est comparable à un miroir, et l'esprit de l'homme au soleil. Si le miroir est détruit ou disparaît, cela ne change rien à la bonté du soleil, lequel dure toujours. C'est cet esprit qui fait les découvertes : il s'étend sur tout ce qui existe ; tous ces signes nouveaux, ces arts, ces découvertes, ces inventions glorieuses, ces événements importants de l'histoire que vous connaissez, c'est à lui que tout cela est dû. [...]

Mais cet esprit humain a deux aspects : il est ou divin ou satanique ; ou bien il est capable de la plus grande perfection, ou bien il est capable de la plus grande imperfection. S'il acquiert des vertus, l'homme devient la plus noble des contingences mais, s'il acquiert des vices, il sera la plus vile des créatures.

La quatrième degré de l'esprit, c'est l'esprit céleste : c'est l'esprit de foi et la bonté de Dieu. Il vient des souffles du Saint-Esprit et, par le pouvoir divin, il est la cause de la vie éternelle. C'est ce pouvoir qui rend céleste l'homme terrestre et parfait l'homme imparfait. Il rend pur celui qui est impur, éloquent celui qui est muet ; il purifie et sanctifie celui qui est prisonnier des passions charnelles ; il rend savant l'ignorant.

Le cinquième esprit est le Saint-Esprit. C'est l'intermédiaire entre Dieu et la créature. C'est comme un miroir placé devant le soleil. De même qu'un saint miroir extrait la lumière du soleil et en transmet à d'autres la bonté, de même le Saint-Esprit est l'intermédiaire des lumières sacrées qui viennent du Soleil de Réalité et qu'il fait parvenir aux saintes réalités [les Messagers de Dieu]. Il est orné de toutes les perfections divines. Chaque fois qu'il se manifeste, le monde est renouvelé, un cycle nouveau est fondé ; le corps de l'humanité revêt une nouvelle parure.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre,chap. XXXVI, p. 149-151

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Quelles sont les deux " natures " de l'être humain ? Qu'est-ce que la " seconde naissance ", selon les Écrits bahá'ís ?

1. L'homme possède deux natures : sa nature élevée ou spirituelle et sa nature inférieure ou matérielle. Par l'une, il s'approche de Dieu, par l'autre, il vit uniquement pour le monde. On peut trouver les caractéristiques de ces deux natures dans l'homme. Par son côté matériel, il se révèle menteur, cruel et injuste, tous ces traits provenant de sa nature inférieure. Les attributs de sa nature divine se manifestent par l'amour, la pitié, la bonté, la vérité, la justice, chacun d'eux et tous étant l'expression de sa nature élevée. Toutes les bonnes habitudes, toutes les nobles qualités appartiennent à la nature spirituelle de l'homme, alors que toutes ses imperfections et ses mauvaises actions proviennent de sa nature matérielle. Si la nature divine d'un homme domine sa nature humaine, il devient un saint.

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, (1e nov.), p. 52

2. Les récompenses de ce monde sont les vertus et les perfections qui ornent l'homme véritable. Ainsi, de ténébreux, il devient lumineux ; d'ignorant, savant ; de négligent, attentif ; d'endormi, éveillé ; de mort, vivant ; d'aveugle, voyant ; de sourd, fine oreille ; de terrestre, céleste ; de matériel, spirituel. Par ces récompenses, il trouve la naissance spirituelle, il devient une créature nouvelle, il devient la manifestation de ce verset de l'Évangile où il est dit, à propos des apôtres, qu'ils n'étaient nés ni du sang, ni de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu ; c'est-à-dire qu'ils étaient affranchis des moeurs et des qualités bestiales qui sont un des côtés de la nature humaine et qu'ils étaient caractérisés par les qualités divines qui sont la bonté de Dieu. Telle est la signification de la [seconde] naissance. [...]

Quant aux récompenses de l'autre monde, ce sont la vie éternelle, laquelle est mentionnée dans tous les livres saints, ainsi que les perfections divines et les bienfaits éternels, la félicité éternelle. Les récompenses de l'autre monde sont les perfections et la paix, obtenues dans le monde spirituel, après qu'on a quitté celui-ci. Les récompenses de cette vie sont les véritables perfections lumineuses qui existent dans ce monde et qui sont cause de vie éternelle ; car les récompenses de cette vie sont les progrès mêmes de notre existence.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre,chap. LX, p. 228-229

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Est-ce que l'être humain a toujours possédé une âme ? L'espèce humaine a-t-elle évolué graduellement ?

1. Le commencement de la formation de l'homme sur le globe terrestre ressemble à sa formation dans le sein de la mère. L'embryon, dans le sein de la mère, croît et se développe peu à peu jusqu'à la naissance, après quoi il croît et se développe encore jusqu'à ce qu'il parvienne à l'âge de raison et de maturité. Bien que, dans l'enfance, on constate des traces de l'intelligence et de l'esprit, ces facultés ne sont pourtant pas arrivées à leur perfection, elles sont imparfaites. Lorsque l'homme parvient à l'âge mûr, l'intelligence et l'esprit apparaissent et se montrent dans toute leur perfection.

[...] Toutes les créatures, grandes ou petites, ont été créées, dès le début, complètes et parfaites; seulement, les perfections apparaissent en elles peu à peu. La loi de Dieu est une, l'évolution de l'existence est une, l'ordre divin est un ; les êtres, faibles ou forts, sont soumis à une loi et à un ordre uniques. [...] Ainsi, cette semence avait, dès le début de la formation, toutes les perfections du végétal en elle, mais elles ne se montraient pas ; puis, peu à peu, elles sont devenues visibles en elle. Ainsi, c'est d'abord la tige qui apparaît de la graine, puis les branches, les feuilles, les fleurs, les fruits ; mais, dès le début de la formation, toutes ces choses se trouvent en puissance, non en fait.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. LI, p. 204-205

2. Parlons plus clairement: supposons qu'autrefois l'homme marchait sur quatre pattes ou bien avait une queue; ces modifications et ces changement sont comme ceux du foetus : malgré les changements qui se produisent de tous côtés dans le sein de la mère, malgré sa croissance et son progrès jusqu'à ce qu'il parvienne à cette forme complète, depuis le commencement, c'est une espèce spéciale. Regardons également dans le règne végétal : les espèces originelles des familles ne changent ni ne se modifient ; mais la forme, la couleur, la dimension changent et se modifient ; en d'autres termes, le progrès lui-même se produit.

En résumé, de même que l'homme, dans le sein de sa mère, est passé d'une forme à une autre, d'un état à un autre, a changé et évolué et, néanmoins, depuis le commencement de la période embryonnaire, a toujours appartenu à l'espèce humaine, de même, l'homme, depuis le commencement de l'existence dans le sein du monde, a appartenu à l'espèce supérieure, l'humanité, et il est passé peu à peu d'un état à un autre. Donc, ce changement d'état, cette évolution des membres, cette croissance et ce développement n'empêchent pas l'espèce originelle. Tout cela, en admettant la réalité de la croissance et de l'évolution. Mais l'homme, depuis le commencement, existait dans cette forme et cette composition parfaites, il avait l'aptitude et la capacité d'acquérir les perfections matérielles et spirituelles, et il était la manifestation de " Nous ferons l'homme à notre image et à notre ressemblance ". Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il est devenu meilleur, plus délicat, plus beau et que la civilisation l'a fait sortir de l'état sauvage. De même, les fruits sauvages, cultivés par les soins d'un jardinier, deviennent plus beaux et plus sucrés et acquièrent plus de fraîcheur et de douceur. Les jardiniers de l'humanité sont les prophètes de Dieu.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. XLIX, p. 199-200

3. Les savants, qui ont fixé à plusieurs milliers d'années l'âge de la terre, ne se sont pas occupés de l'âge des autres planètes. Il faut aussi considérer les divergences que présentent entre elles les théories édifiées par ces savants. Sache du moins que toute étoile fixe a ses propres planètes et que chaque planète a ses propres créatures, dont le nombre ne peut être évalué.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, LXXXII, p. 108

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Comment peut-on comparer le développement de l'individu et le développement de l'humanité ?

1. Toutes les choses créées ont leur degré ou stade de maturité. Cette période, dans la vie d'un arbre, est le temps où il porte des fruits. L'animal atteint également un stade de pleine croissance et de perfection et, dans le règne humain, l'homme arrive à sa maturité quand la lumière de son intelligence atteint sa puissance et son développement suprêmes. De même, il existe des périodes et des stades dans la vie collective de l'humanité. À une époque, elle est passée par le stade de l'enfance, à une autre période, par celui de la jeunesse, mais elle est maintenant entrée dans la phase depuis longtemps prédite de sa maturité, dont les preuves sont partout apparentes. Ce qui, aux premiers âges de la race, répondait aux besoins humains ne peut plus satisfaire aux exigences d'aujourd'hui, en cette période de nouveauté et d'accomplissement. L'humanité est sortie de son état antérieur de limitation et de formation préliminaire. L'homme doit maintenant s'imprégner de vertus nouvelles et de pouvoirs nouveaux, de nouvelles normes morales et de nouvelles capacités. Des grâces nouvelles, des dons parfaits l'attendent et descendent déjà sur lui. Les bienfaits et les bénédictions de la période de jeunesse, bien qu'opportuns et suffisants à l'adolescence de l'humanité, sont maintenant incapables de subvenir aux besoins de sa maturité.

-'Abdu'l-Bahá, cité dans L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, p. 153-154

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La vie après la mort

Session deux

Quels sont les arguments présentés par 'Abdu'l-Bahá et Bahá'u'lláh en faveur de l'immortalité de l'âme ?

1. Dans la nature, le repos absolu n'existe pas. Tout progresse ou perd du terrain ; tout avance ou recule ; rien n'est stationnaire. De sa naissance à sa maturité, l'homme progresse physiquement. Puis, à la fleur de l'âge, il commence à décliner : sa force et ses capacités physiques diminuent peu à peu jusqu'à l'heure de sa mort. [...] Tout ce qui est matériel progresse jusqu'à un certain point, puis commence à décliner. Telle est la loi qui gouverne toute la création physique.

Considérons maintenant la question de l'âme. Nous avons vu que le mouvement est essentiel à la vie; rien de ce qui est vivant n'est dépourvu de mouvement. Toute créature, qu'elle appartienne au règne minéral, végétal ou animal, est forcée d'obéir à la loi du mouvement : monter ou descendre. Mais, pour l'âme humaine, il n'y a pas de déclin. Son seul mouvement s'effectue vers la perfection. Le développement et le progrès sont les seuls mouvements de l'âme.

La perfection divine étant infinie, le progrès de l'âme est également infini. Dès la naissance d'un être humain, l'âme progresse, l'intelligence se développe et sa connaissance augmente. À la mort du corps, l'âme continue à vivre. Les différents degrés qui existent dans les êtres appartenant à la création physique sont soumis à des limites, mais l'âme n'a pas de limites.

La croyance à l'immortalité de l'âme existe dans toutes les religions. On intercède en faveur des morts bien-aimés, on prie pour leur évolution et pour la rémission de leurs péchés. Si l'âme mourait avec le corps, tout ceci n'aurait aucune signification. De plus, si, une fois délivrée du corps, il était impossible à l'âme d'évoluer vers la perfection, à quoi serviraient toutes ces pieuses et ardentes prières ? [...] Le simple fait que notre intuition spirituelle - certainement pas dispensée en pure perte - nous incite à prier pour le bien-être des disparus que nous aimons, n'est-ce pas là un témoignage en faveur de la continuité de leur existence ?

Dans le monde de l'esprit, il n'y a pas de retour en arrière. Le monde mortel est fait d'oppositions et de contradictions. Le mouvement étant une loi, tout doit avancer ou reculer. Dans le royaume de l'esprit, le recul est impossible, tout mouvement allant obligatoirement vers un état de perfection. Le " progrès " est l'expression de l'esprit dans le monde physique. L'intelligence de l'homme, son pouvoir de raisonner, ses connaissances scientifiques sont des manifestations de l'esprit. Ces facultés, soumises à la loi inéluctable du progrès spirituel, sont forcément immortelles. [...] Vous devez toujours être diligent et ne jamais vous arrêter. Évitez de rester stationnaire ; c'est le premier pas vers le déclin et la régression. [...]

Considérez le but de la création : se peut-il que tout ait été créé pour évoluer et se développer pendant d'innombrables siècles, avec cette fin dérisoire en vue : les quelques années d'une vie humaine sur la terre ? Une telle fin est-elle concevable ? [...] L'homme passe tout au plus quatre-vingt-dix ans dans ce monde. Période bien courte en vérité ! Son existence est-elle finie quand il abandonne le corps ? S'il en est ainsi, l'évolution qui a précédé est inutile, et tout est vain. Peut-on croire que la création n'ait pas un but plus élevé que celui-là ?

L'âme est éternelle, immortelle. Les matérialistes disent : " Où est-elle ? Qu'est-ce que l'âme ? Nous ne pouvons ni la voir, ni la toucher. " [...] Quel que soit le degré d'évolution de la plante, elle est incapable de comprendre le monde animal, ignorance qui ne prouve pas l'inexistence de ce monde. [...] Dans le même ordre d'idées, si les matérialistes ne croient pas à l'existence de l'âme, leur incrédulité ne prouve pas qu'un royaume comme celui de l'esprit n'existe pas. L'intelligence même de l'homme est une preuve de son immortalité [...].

Si l'esprit n'était pas immortel, comment les manifestations de Dieu pourraient-elles endurer de si cruelles épreuves? Pourquoi le Christ a-t-il souffert cette effroyable mort sur la croix ? Pourquoi Muhammad a-t-il supporté les persécutions ? Pourquoi le Báb a-t-il fait le sacrifice suprême ? Et pourquoi Bahá'u'lláh a-t-il passé presque toute sa vie en prison ? Pourquoi toutes ces souffrances, sinon pour prouver la vie éternelle de l'esprit ?

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 1e Partie, 10 nov., p. 76-80

2. En vérité, je te le dis, l'âme humaine est au-dessus des lois qui régissent le mouvement. Elle reste immobile cependant qu'elle vole ; et elle se meut tout en restant immobile. Elle atteste, par elle-même, à la fois l'existence d'un monde qui est contingent, relatif, et la réalité d'un monde qui n'a ni commencement ni fin. Admire comment tes rêves se réalisent sous tes yeux, de longues années après que tu les as eus. Considère l'étrangeté du mystère de ce monde qui t'est apparu dans tes rêves. Médite sur l'insondable sagesse de Dieu et la multitude de ses révélations...

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, LXXXII, p. 107

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Quelles sont quelques-unes des caractéristiques du monde spirituel ? Est-ce que la vie éternelle dépend de nos propres efforts ou de la grâce de Dieu ?

1. Vous m'interrogez sur la vie éternelle et l'entrée dans le royaume. On peut, dans une terminologie empruntée au monde visible, dire que le royaume, c'est le ciel; mais c'est une comparaison et une similitude, non une réalité ou un fait. Car le royaume n'est pas un espace matériel, il est en dehors du temps et de l'espace ; c'est une terre spirituelle, un monde divin, c'est le siège de la souveraineté de Dieu. Il est affranchi de la matière et de ce qui est matériel et il est au-dessus des imaginations de l'humanité. La limitation dans l'espace est en effet une particularité des corps et non des esprits; le temps et l'espace concernent la matière, non l'intelligence et l'âme. Remarquez que le corps humain est confiné dans un petit lieu et qu'il règne sur deux empans de terre : il n'occupe pas un plus grand espace. Tandis que l'esprit et l'intelligence de l'homme voyagent dans tous les pays et dans toutes les régions, même dans l'étendue infinie du ciel ; ils embrassent tout ce qui existe, ils font des découvertes dans les sphères supérieures, à des distances infinies. Cela tient à ce que l'esprit n'a pas de place, il est immatériel : pour lui, la terre et le ciel, c'est tout un, puisqu'il fait ses découvertes dans l'un et dans l'autre. Le corps, au contraire, est confiné dans un certain espace et ne sait pas ce qui se passe en dehors. [...]

Avoir la vie éternelle, c'est recevoir les bienfaits du Saint-Esprit, comme la fleur reçoit les bienfaits de la saison, de la brise, des souffles du printemps. Remarquez que cette fleur vivait tout d'abord, mais d'une vie pour ainsi dire minérale; mais l'arrivée de la saison d'avril l'abondance des nuages du printemps, la chaleur du soleil lumineux lui ont donné une vie nouvelle, de la fraîcheur, de la douceur et le parfum le plus exquis. La vie première de cette fleur, à côté de la nouvelle, c'était la mort. [...]

Quant à l'entrée dans le royaume, on y arrive par l'amour de Dieu, par le détachement, la sainteté, la chasteté, la sincérité, la pureté, la droiture, le dévouement et le sacrifice de sa vie. Ces explications montrent donc que l'homme est immortel et possède la vie éternelle. Pour ceux qui croient en Dieu, qui ont l'amour de Dieu et la foi, leur vie est parfaite et on l'appelle éternelle; quant à ceux qu'un voile sépare de Dieu, bien qu'ils soient vivants, leur vie est ténébreuse et, en comparaison avec la vie des croyants, c'est la non-existence. [...] La pierre et l'homme existent, mais l'existence de la pierre, à côté de celle de l'homme, c'est le néant, elle n'existe pas ; car lorsque l'homme meurt et que son corps est détruit, il est anéanti ; comme la pierre et la poussière, il devient minéral. Il est donc clair que, bien que le minéral existe, à côté de l'existence de l'homme, c'est la non-existence. De même, bien qu'un homme séparé de Dieu existe dans ce monde, et dans l'autre monde après la mort, en comparaison avec la vie sainte des enfants du royaume de Dieu, un tel homme est anéanti et annihilé.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. 67, p. 246 - 248

2. Il est même possible que ceux qui sont morts dans le péché et l'impiété changent de condition et qu'ils deviennent l'objet de la rémission. C'est le fait de la bonté divine, non de la justice; car la bonté donne sans tenir compte du mérite, au contraire de la justice. Et comme nous avons ici-bas le pouvoir de prier pour ces âmes, de même dans l'autre monde, qui est le royaume de Dieu, nous posséderons ce même pouvoir. Est-ce que, dans l'autre monde, tous les êtres ne sont pas des créatures de Dieu? Donc, dans l'autre monde aussi, ils peuvent progresser. De même que dans ce monde, par leurs supplications, ils peuvent obtenir des lumières, de même dans l'autre ils peuvent demander la rémission. Ainsi, comme les individus peuvent dans ce monde, soit à l'aide des supplications et de l'humilité, soit à l'aide des prières des êtres pieux, parvenir au progrès, de même aussi après la mort, par leur propres prières et leurs supplications, ils peuvent progresser, et surtout lorsque ceux qui intercèdent pour eux sont les saintes manifestations.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. 62, p. 237

3. Il est [...] clair que la répétition et le retour dans le monde matériel ne font pas acquérir des perfections. [...] La pointe du compas, en décrivant un cercle, ne fait point de mouvement rétrograde, car cela est contraire au mouvement naturel et à l'ordre divin, et la construction du cercle en serait viciée. D'ailleurs, ce bas monde n'a pas une telle valeur ou une telle perfection pour que l'homme, après être sorti de cette cage, désire une seconde fois être pris dans ses barreaux. Non, grâce à la bonté éternelle, le mérite et la dignité véritables de l'homme deviennent visibles et clairs par la traversée des étapes de l'existence, et sans qu'il soit besoin de les recommencer et de revenir. [...] Lorsque cette plante sera poussée, elle donnera des ronces ou des fleurs; point n'est besoin d'une seconde croissance. En outre, circuler et se diriger dans l'univers en suivant une ligne droite et en se conformant à l'ordre naturel, c'est cela qui fait vivre; tandis qu'un mouvement contraire à l'ordre et à la loi de la nature cause la non-existence [...].

Donc, en revenant, il serait absolument impossible d'obtenir la vie: c'est comme si l'homme, après être sorti du sein de sa mère, y rentrait une seconde fois. [...] S'il en était ainsi, si en revenant et en retournant dans ce monde matériel, l'esprit en franchissait les étapes et parvenait à la perfection de l'essence, il eût été préférable que Dieu prolongeât la vie de l'esprit dans le monde matériel jusqu'à ce qu'il eût acquis les perfections et les grâces; point n'était nécessaire de le faire goûter à la coupe de la mort ni de lui donner une seconde vie.

La pensée que l'existence se borne à ce monde mortel et la négation des mondes divins sont le propre de certains croyants à la réincarnation; et pourtant, les mondes divins sont infinis. Si les mondes divins étaient limités à ce monde matériel, la création serait vaine, l'existence serait un jeu d'enfants [...]. Car dans cet univers divin, qui montre la perfection, la beauté et la grandeur les plus complètes, les étoiles lumineuses du monde matériel sont innombrables; alors il faut se rappeler combien les mondes spirituels et divins, qui sont l'essentiel, sont également innombrables et infinis! [...] Or, quand les prophètes de Dieu parlent du retour, ils ne veulent pas parler du retour de l'essence mais bien du retour des qualités, non du retour de la manifestation, mais de celui des perfections.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, chap. 81, p. 289-292

Note : Pour plus des renseignements au sujet de la réincarnation, veuillez consulter le chapitre 81 des Leçons de Saint-Jean-d'Acre, pour une version non abrégée de cette citation. Voir aussi The Promulgation of Universal Peace, p. 167; Sélections des Écrits d''Abdu'l-Bahá, #156, p.181; Tablets of 'Abdu'l-Bahá, p. 550 et 643.

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Quels sont quelques-uns des pouvoirs et caractéristiques de l'âme après la mort physique ?

1. L'essence de l'enseignement de Bahá'u'lláh est l'amour qui embrasse toutes choses, car l'amour contient toutes les qualités humaines. Il permet à chaque âme de progresser. Il dispense à chacune, en héritage, la vie immortelle.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d''Abdu'l-Bahá, # 31, p. 65

2. Sache en vérité que l'âme, après qu'elle a été séparée du corps, continue de progresser dans un état et dans des conditions que ne sauraient changer ni les révolutions des âges et des siècles ni les hasards et vicissitudes de ce monde, jusqu'à ce qu'elle ait accédé à la présence de Dieu. Elle durera autant que dureront le royaume de Dieu, sa souveraineté, son empire et sa puissance. Elle manifestera les signes et attributs de Dieu et révélera sa tendre bonté et sa générosité. Ma plume s'arrête, impuissante, quand je tente de décrire la gloire d'un si sublime état. L'honneur que la main de miséricorde conférera à l'âme humaine est tel qu'aucune parole ne le peut adéquatement révéler ni aucun autre moyen d'expression le décrire. Bénie l'âme humaine qui, à l'heure où elle est séparée du corps, se trouve purifiée des vaines imaginations des peuples de ce monde! Une telle âme vit et se meut selon la volonté de son Créateur et parvient au suprême paradis. Les célestes houris, habitantes des plus hautes demeures, s'assemblent autour d'elle, et les prophètes et messagers de Dieu recherchent sa compagnie. Elle entretient librement ces êtres célestes de tout ce qu'elle a souffert dans le chemin vers Dieu, le Seigneur de tous les mondes. Si l'homme savait ce qui est réservé à son âme dans les mondes de Dieu, le Seigneur des cieux et de la terre, il se consumerait du désir d'atteindre un si sublime, un si resplendissant état...

La nature de l'âme après la mort ne peut jamais être décrite et il n'est ni opportun ni permis de révéler son véritable caractère aux yeux des hommes. L'unique mission des prophètes et messagers de Dieu est de guider l'humanité dans le droit chemin de la vérité. L'objet de leur révélation est d'instruire tous les hommes de telle sorte qu'à l'heure de leur mort ils puissent, dans un état de pureté, de sainteté et de parfait détachement, s'élever jusqu'au trône du Très-Haut. De la lumière qui rayonne de l'âme des prophètes dépendent le progrès du monde et l'avancement de ses peuples. Ils sont le levain qui fait lever le monde de l'être et ils constituent les forces animatrices grâce auxquelles se manifestent les arts et toutes les merveilles de ce monde. C'est par eux que les nuages déversent leur eau bienfaisante et que la terre donne ses fruits. Tout phénomène nécessite une cause, une force motrice ou un principe animateur. Ce sont donc ces âmes, ces symboles d'abnégation qui ont toujours donné et qui continueront de donner l'impulsion suprême au monde de l'être. Le monde de l'au-delà est aussi différent du monde terrestre que celui-ci diffère du monde que connaît l'enfant dans le sein de sa mère. Et quand l'âme sera en la Présence divine, elle prendra la forme la plus convenable à son immortalité, la plus digne de son habitation céleste. Son existence, toutefois, est contingente et non pas absolue, en tant que le contingent dépend d'une cause, tandis que l'absolu en est affranchi. L'existence absolue est le privilège exclusif de Dieu, exaltée soit sa gloire. Heureux celui qui saisit cette vérité.

Si tu méditais avec attention sur la conduite des prophètes, tu reconnaîtrais et attesterais qu'il doit y avoir nécessairement d'autres mondes que celui-ci. Les sages et les savants ont, en majorité, ainsi qu'il est rapporté par la Plume de Gloire dans la Tablette de Sagesse, rendu témoignage à la vérité de ce que les saintes Écritures ont révélé. Les matérialistes eux-mêmes ont, en leurs écrits, attesté la sagesse des messagers divins et reconnu que ce qu'ils disaient touchant l'enfer et le paradis, la récompense et le châtiment futurs, était inspiré du désir d'éduquer et d'élever les âmes des hommes. Vois donc comment la plupart des hommes, quelles que soient leurs croyances ou leurs théories, ont reconnu l'excellence et admis la supériorité des prophètes de Dieu. Certains ont salué en ces perles de détachement des incarnations de la sagesse tandis que d'autres les tenaient pour des interprètes de la Divinité. Et comment de telles âmes eussent-elles consenti à s'abandonner aux mains de leurs ennemis si elles avaient cru que tous les mondes de Dieu se réduisent à cette vie terrestre?

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, LXXXI, p. 103-105

3. Tu m'as encore demandé ce que devient l'âme une fois qu'elle est séparée du corps. Sache en vérité que si elle a suivi les voies de Dieu, elle retournera à Dieu et sera recueillie pour la gloire du Bien-Aimé. Par la justice de Dieu! Elle sera élevée à un état que ne saurait peindre aucune plume ni aucune langue décrire. L'âme qui est restée fidèle à la cause de Dieu, qui s'est tenue fermement dans son chemin sans en dévier jamais possédera, après son ascension, un tel pouvoir que tous les mondes créés par le Tout-Puissant en bénéficieront. Une telle âme fournit, par ordre du Roi de perfection, le divin Éducateur, le pur levain qui fait lever le monde de l'être et crée la puissance par laquelle se produisent tous les arts et toutes les merveilles du monde. Considère combien, pour lever, la farine a besoin de levain. Ces âmes, véritables symboles de renoncement, sont le levain du monde. Médite sur ce sujet et sois de ceux qui rendent grâces.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, LXXXII, p. 106-107

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Décrivez la relation entre l'âme et le corps.

1. Tu m'as demandé si, mis à part les prophètes de Dieu et ses élus, l'homme, après sa mort physique, conserve les même caractéristiques : individualité, personnalité, conscience et intelligence qu'il possédait de son vivant. Comment, s'il en était ainsi, disais-tu, la mort serait-elle impuissante à détruire en l'homme cette intelligence et cette conscience dont suffit à le priver une grave maladie ou seulement quelque léger dommage infligé à ses facultés mentales tel qu'un simple évanouissement ? Comment concevoir cette survie de la conscience et de la personnalité alors qu'auront été entièrement désintégrés les instruments qui sont la condition même de leur existence et de leur fonctionnement ?

Sache que l'âme humaine est exaltée au-dessus des infirmités du corps et de l'intelligence, au point de s'en trouver complètement indépendante. Le fait qu'une personne malade donne des signes de faiblesse d'âme est dû seulement aux obstacles que la maladie interpose entre son âme et son corps, car les indispositions de celui-ci ne sauraient aucunement affecter l'essence de celle-là.

Considère la lumière de la lampe. Bien que quelque objet puisse en intercepter l'éclat, cette lumière ne perd rien de sa puissance. De même, toute maladie qui afflige le corps humain est un obstacle qui empêche l'âme de manifester le pouvoir qui lui est inhérent. Elle n'en montrera pas moins, à sa sortie du corps, une puissance et une influence qu'aucune force terrestre ne saurait égaler. Toute âme pure, évoluée et sanctifiée sera alors douée d'un dynamisme extrêmement puissant et connaîtra une joie sans pareille. Considère la lampe cachée sous le boisseau. Bien qu'elle y brille, son éclat est dérobé aux yeux des hommes.

Considère de même le soleil qu'obscurcissent les nuages. Vois comme sa splendeur n'a rien perdu de sa force. L'âme de l'homme peut être comparée au soleil, toutes choses sur la terre étant considérées comme son corps. Tant que ne s'interpose entre eux aucun obstacle extérieur, le corps reflète dans son intégralité la lumière de l'âme dont la puissance le maintient en vie. Mais, aussitôt qu'un voile les sépare, l'éclat de la lumière semble diminuer. Considère de nouveau le soleil que les nuages, cette fois, cachent entièrement. Bien que la terre reste illuminée de la lumière, la part qu'elle reçoit de cette lumière est considérablement réduite. Et jusqu'à ce que ces nuages aient disparu, le soleil ne pourra pas briller dans la plénitude de sa gloire.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, LXXX, p. 101-102

2. Dans sa bonté, Dieu nous a donné ici-bas un avant-goût ainsi que certaines preuves de la différence qui existe entre le corps, l'âme et l'esprit. [...] Si un ami nous cause du plaisir ou de la peine, si une affection est sincère ou feinte, c'est l'âme qui en est affectée. Si ceux que nous aimons sont loin de nous, c'est l'âme qui souffre, et les peines et les afflictions de l'âme peuvent agir sur le corps. Donc, lorsque l'esprit est nourri par de saintes vertus, le corps est satisfait; si l'âme succombe au péché, le corps vit dans les affres du tourment. Quand nous rencontrons la vérité, la constance, la fidélité et l'amour, nous sommes heureux; mais si nous sommes aux prises avec le mensonge, l'infidélité et la fausseté, nous sommes malheureux.

Toutes ces considérations sont du domaine de l'âme et ne sont pas des maux corporels. Il est donc évident que l'âme, comme le corps, possède sa propre individualité. Mais, si le corps subit une transformation, l'esprit n'en est pas nécessairement atteint. Si vous brisez une glace sur laquelle se reflète le soleil, la glace est cassée, mais le soleil brille toujours. Si la cage qui contient un oiseau est détruite, le petit oiseau reste indemne. Si une lampe est fêlée, la flamme peut continuer à brûler d'un vif éclat.

Le même raisonnement s'applique à l'esprit de l'homme. Bien que la mort détruise son corps, elle n'a aucun pouvoir sur son esprit. Celui-ci est éternel, impérissable, à la fois sans commencement et sans fin. Quant à l'âme humaine, elle conservera, après la mort, l'état de pureté acquis pendant son évolution dans le corps physique et, après sa séparation du corps, elle restera plongée dans l'océan de la miséricorde de Dieu. À partir du moment où l'âme quitte le corps pour atteindre le monde céleste, son évolution est spirituelle et cette évolution-là, c'est l'approche de Dieu. [...]

En ce monde, les choses vivent et meurent, puis revivent sous d'autres formes ; mais, dans le monde de l'esprit, il en est tout autrement. L'âme n'évolue pas graduellement, selon une loi ; elle évolue seulement pour s'approcher de Dieu, et par l'effet de sa miséricorde et de sa bonté.

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 1e Partie, 3 nov., p. 56-57

3. L'homme - l'homme véritable - est une âme et non un corps; bien que, physiquement, l'homme appartienne au règne animal, son âme l'élève au-dessus du reste de la création. Voyez comme la lumière solaire éclaire le monde physique; de même, la lumière divine projette ses rayons sur le royaume de l'âme. C'est l'âme qui fait de l'homme une entité céleste. Par le pouvoir de l'Esprit saint, agissant par l'intermédiaire de l'âme, l'homme arrive à connaître la réalité des choses. Toutes les grandes oeuvres artistiques et scientifiques prouvent la puissance de cet esprit. Ce même esprit donne la vie éternelle. Seuls ceux qui seront baptisés par l'Esprit divin seront capables d'amener tous les peuples dans les liens de l'unité. C'est par la puissance de l'esprit que le monde oriental de la pensée spirituelle peut se mêler à l'empire occidental de l'action, de manière que le monde matériel devienne spirituel.

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 1e Partie, 9 nov., p. 73

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La prière et la méditation

Session trois

Quelle doit être l'attitude de la personne qui prie Dieu ?


1. Chantez ou récitez matin et soir les Paroles de Dieu. [...] Prends garde que de trop nombreuses lectures (des paroles sacrées) pendant le jour et la nuit ne te rendent orgueilleux. Ne chanter qu'un seul verset avec joie et sincérité est meilleur pour toi que de lire distraitement toutes les révélations de Dieu, l'Omnipotent. Chante les tablettes de Dieu de façon à n'en ressentir ni fatigue, ni lassitude. N'impose pas à ton âme un fardeau qui pourrait devenir une cause d'épuisement ou de langueur, mais au contraire, rafraîchis-la pour que, sur les ailes de la révélation, elle s'envole vers l'Orient des preuves, car ceci te conduira plus près de Dieu, si tu es de ceux qui comprennent.

- Bahá'u'lláh, Kitáb-i-Aqdas, cité dans L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse, p. 3.

2. Ces enfants sont pareils à de jeunes plantes; leur enseigner les prières, c'est comme faire descendre sur eux une pluie bienfaisante, afin qu'il puissent devenir affectueux et vigoureux et que les suaves brises de l'amour de Dieu soufflent sur eux, les faisant tressaillir de joie.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d'Abdu'l-Bahá, #115, p. 138

3. Si un homme éprouve un réel amour pour son ami, il souhaite l'exprimer. Bien qu'il le sache informé de son affection, il désire la lui confirmer encore... Dieu connaît les désirs de tous les coeurs, mais l'impulsion de la prière est naturelle, elle jaillit de l'amour de l'homme pour son Dieu...

Dans la prière, les mots ne sont pas nécessaires, mais la pensée et l'état de recueillement son indispensables. Si cet élan et ce désir manquent, il est vain de chercher à les forcer. Les paroles dépourvues d'amour n'ont aucune portée. Si l'on vous parle en paraissant accomplir un devoir ennuyeux, sans affection, sans plaisir de vous rencontrer, avez-vous envie de prolonger cette conversation ? "

- 'Abdu'l-Bahá, cité dans Bahá'u'lláh et l'Ère nouvelle, p. 122-123, éd. 1972

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Quels sont les différents environnements pour la prière ?

1. Entonne, ô mon serviteur, les versets que tu as reçus de Lui, comme les entonnèrent ceux qui maintenant sont près de Dieu, afin que la douceur de ta propre mélodie embrase ton âme et que tu attires les coeurs de tous les hommes. Quiconque, dans l'intimité de sa chambre, récite les versets révélés de Dieu, les anges dispersés dans l'univers répandront le parfum des mots sortis de sa bouche, faisant ainsi palpiter à travers le monde le coeur de tous les justes. Ceux-ci pourront d'abord n'en pas ressentir l'effet, mais tôt ou tard l'influence ne saurait manquer de s'exercer sur leur âme. Ainsi furent ordonnés, par la vertu de la volonte de Celui qui est la source de toute puissance et de toute sagesse, les mystères de la révélation de Dieu.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, p. 274-275, CXXXVI

2. S'il t'a été enjoint de te retirer pour les moments de dévotion, c'est afin que tu puisses accorder la plus grande attention au souvenir de Dieu, que ton coeur soit à tout instant animé de son Esprit, et non séparé de ton Bien-Aimé comme par un voile. Ne laisse pas ta langue rendre à Dieu des hommages peu sincères alors que ton coeur n'est pas en harmonie avec le Sommet exalté de gloire et le Point focal de communion. Si donc par bonheur, tu vis au jour de la résurrection, le miroir de ton coeur sera dirigé vers celui qui est l'Astre du jour de Vérité ; et, dès que sa lumière apparaîtra, la splendeur en sera aussitôt dans ton coeur. Car il est la source de toute bonté, et vers lui toutes choses retournent.

- Le Báb, Sélection des Écrits du Báb, p. 86-87

3. L'état de prière est la meilleur des conditions, car l'homme est alors associé à Dieu. En vérité, la prière confère la vie, surtout lorsqu'elle est offerte en privé, par exemple à minuit, alors que l'âme est libérée des soucis quotidiens.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d'Abdu'l-Bahá, #172, p. 199

4. Tu m'as interrogé au sujet des lieux d'adoration et de leur raison d'être. La sagesse qui préside à la construction de tels édifices est la suivante : à une heure convenue, les gens sauraient qu'il est temps de se réunir, il se rassembleraient et, se consacreraient à la prière. L'unité et l'affection en résulteront; elles se développeront et s'épanouiront dans le coeur humain.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d'Abdu'l-Bahá, #58, p. 94

5. Si nous sommes de vrais bahá'ís [...] nos actes serviront le monde: ils aideront à répandre la civilisation, à faire progresser la science et fleurir les arts. [...] Ce n'est pas seulement avec des paroles du bout des lèvres que les élus de Dieu sont parvenus à la saintété, c'est par une vie de patience et de service effectif qu'ils ont apporté la lumière dans le monde. Faites donc tous vos efforts pour que, de jour en jour, vos actes deviennent de belles prières. Tournez-vous vers Dieu et tâchez d'agir toujours selon la droiture et la noblesse. Enrichessez le pauvre, relevez celui qui est déchu, consolez l'affligé, guérissez la malade, rassurez le timide, délivrez l'opprimé, rendez l'espoir au désespéré et donnez asile au malheureux.

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d'Abdu'l-Bahá à Paris, 1e partie, 8 nov., p. 69-70

6. Dans la foi bahá'íe, les arts, les sciences et les métiers [se trouvent sur le même plan que] l'adoration de Dieu. L'homme qui fabrique un bout de papier à écrire en s'y appliquant de son mieux, conscientieusement, en y rassemblant toutes ses forces pour le parfaire, celui-là fait la louange de Dieu. En somme, tout effort ou besogne que fournit l'homme de par la plénitude de son coeur, c'est l'adoration de la divinité, en autant que ce travail dépende des mobiles les plus élevés et de la volonté de rendre service à l'humanité. L'adoration, c'est ceci : servir l'humanité et subvenir aux besoins du peuple. Servir, c'est prier. Le médicin qui s'occupe des malades, avec douceur et tendresse, délivré de tout préjugé et en croyant à la solidarité du genre humain, celui-là fait la louange de Dieu.

- 'Abdu'l-Bahá, Paris Talks, p. 176 -177 [traduction provisoire]

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Quelles sont les raisons pour prier ? À qui est-ce qu'on prie ?

1. Ô toi, ami en esprit, qui demandes à connaître la sagesse de la prière, apprends que la prière est une obligation à laquelle l'homme ne peut se soustraire sous aucun prétexte, se ce n'est en cas de débilité mentale ou d'empêchement absolument insurmontable.

La sagesse de la prière, c'est qu'elle crée une relation entre le serviteur et le vrai Dieu, parce que, dans l'état d'oraison, l'homme tourne sa face sans réserve et sans restrictions vers le Grand et le Tout-Puissant, demandant Son aide et implorant Son Amour et Sa Compassion. Le plus grand bonheur pour celui qui aime n'est -il pas de converser avec l'objet de son amour, et la plus grande joie pour un soupirant n'est -elle pas d'entrer dans la familiairité de l'être aimé? C'est pourquoi l'espoir suprême de toute âme qu'attire le Royaume de Dieu, c'est de trouver l'occasion de supplier et de demander les faveurs de l'Océan de Sa Parole, de Sa Bonté et de Sa Générosité.

De plus, la prière et le jeûne provoquent un réveil et un épanouissement de l'esprit et constituent une assurance contre les épreuves.

- 'Abdu'l-Bahá, L'Art Divin de Vivre, chap. IV, p. 43-44

2. Adore Dieu de telle manière telle qu'aucun changement se produirait dans ton adoration si ta dévotion te conduisait au feu ou si, de la même manière, ta récompense devait être le paradis. Ainsi - seulement - devrait être l'adoration qui convient au seul vrai Dieu. Si ton adoration était motivée par la peur, elle ne sera pas convenable à la cour sanctifiée de sa présence, et ne pourrait être considéré comme un acte voué par toi à l'unicité de son être. De même, si ton regard se posait sur le paradis et que tu l'adorais tout en chérissant un tel espoir, tu ferais de la création divine un partenaire de Dieu en dépit du fait que ce paradis esst désiré par les hommes.

Le feu et le paradis s'inclinent et se prosternent devant Dieu. Ce qui est digne de son Essence est de L'adorer pour Lui-même, sans crainte du feu ni espoir du paradis. [...]

La plus acceptable des prières est celle qui est offerte avec la spiritualité et le rayonnement les plus extrêmes ; sa prolongation n'a pas été et n'est pas aimée de Dieu. Plus la prière est détachée et pure, plus elle est acceptable en présence de Dieu.

- Le Báb, Sélection des Écrits du Báb, p. 71-72

Les prières sont exaucées à travers les manifestations universelles de Dieu. Néanmoins, lorsque l'intention est d'obtenir des choses matérielles et même lorsqu'il s'agit de créatures indifférentes, si elles supplient Dieu, implorant son aide, même cette prière-là portera. [...]

O servante de Dieu! Les prières révélées pour implorer la guérison s'appliquent aussi bien à la guérison physique qu'à la guérrison spirituelle. Récite-les donc afin de guérir à la foi l'âme et le corps. Si la guérison est appropriée au malade, elle sera certainement accordée mais, pour certaines personnes souffrantes, la guérison ne serait que la cause d'autres maux et, par conséquent, la sagesse ne permet pas une réponse affirmative à la prière.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d'Abdu'l-Bahá, #139, p. 160

3. Vois lorsque tu implores Dieu et que tu récites : " Ton Nom est ma guérison...", combien ton coeur est réconforté, ton âme ravie par l'esprit et l'amour de Dieu, et comme tes pensées sont attirées vers le royaume divin ! C'est par cette attraction que la capacité et l'habileté personnelles s'accroissent. Plus grand est le vase, plus il peut contenir d'eau, et plus la soif est vive, plus la générosité du nuage est agréable au goût. Tel est le mystère de la supplication et la sagesse d'exposer ses désirs.

- 'Abdu'l-Bahá, cité dans Bahá'u'lláh et l'Ère nouvelle, p. 120-121, éd. 1972

4. En effet, la raison principale des maux violents rampant actuellement dans notre société est le manque de spiritualité. La civilisation matérialiste actuelle a tellement absorbé l'énergie et l'intérêt de l'humanité que les gens, en général, ne sentent plus la nécessité de s'élever au-dessus des forces et des conditions de leur existence matérielle de tous les jours. [...]

C'est cette condition si tristement morbide dans laquelle la société est tombée que la religion cherche à améliorer et à transformer. Car le coeur de la foi religieuse est ce sentiment mystique qui unit l'homme à Dieu. Cet état de la communion spirituelle peut être apporté et maintenu par la méditation et la prière. Et c'est la raison pour laquelle Bahá'u'lláh a tellement souligné l'importance de l'adoration. Il ne suffit pas simplement d'accepter et d'observer les enseignements. Le croyant devrait en plus cultiver le sens de la spiritualité qu'il peut acquérir surtout par la prière. La foi bahá íe, comme toutes les autres religions divines, est donc essentiellement mystique dans sa nature. Son but principal est le développement de l'individu et de la société, par l'acquisition des vertus et des pouvoirs spirituels. C'est l'âme de l'homme qui doit être avant tout alimentée. Et la prière est la meilleure source de nourriture spirituelle. Les lois et les institutions, ainsi envisagées par Bahá'u'lláh, ne peuvent devenir vraiment efficaces que lorsque notre vie spirituelle intérieure a été perfectionée et transformée. Autrement la religion dégénérera en une simple organisation, et deviendra une chose morte.

- Extrait d'une lettre écrite de la part du Gardien, datée du 8 décembre 1935, cité dans, L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse, p. 15

5. Lorsque nous prions, il est préférable de diriger nos pensées vers la manifestation puisqu'elle continue d'être notre intermédiaire avec le Tout-Puissant dans l'autre monde. Nous pouvons cependant prier Dieu directement.

- Extrait d'une lettre écrite de la part du Gardien, datée du 27 avril 1937, cité dans, L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse, p. 16.

6. Le vrai croyant, lorsqu'íl prie, devrait s'efforcer de ne pas tant demander à Dieu de réaliser ses souhaits et désirs, mais plutôt de les arranger et les rendre conformes à la volonté divine. C'est seulement par cette attitude qu'une personne peut obtenir ce sentiment de paix et de contentement intérieur que seul le pouvoir de la prière peut conférer.

- Extrait d'une lettre écrite de la part du Gardien, datée du 26 octobre 1938, adressée à un croyant, cité dans, L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse , p. 17.

7. On doit réciter les prières quotidiennes chacun pour soi ; que ce soit à voix haute ou en silence n'y change rien. Il n'y a point de prière récitée en groupe, hormis celle pour les disparus. Dans nos réunions, nous lisons bien les prières pour la guérison ainsi que d'autres, mais la prière quotidienne relève d'une obligation personnelle, de telle sorte que lorsqu'un autre la lit, ce n'est pas toute à fait pareil que de la lire soi-même. Si vous ressentez le besoin de vous représenter quelqu'un pendant la prière, pensez au Maître [Abdu'l-Bahá]. Par lui vous pouvez vous adresser à Bahá'u'lláh. Tâchez de penser de plus en plus aux attributs de la Manifestation ; ainsi, l'image mentale s'estompera, le corps s'étant pas ce qui compte, après tout. Son esprit est présent, l'élément essentiel, qui dure toujours.

- Shoghi Effendi, Directives of the Guardian, p. 59 [traduction provisoire]

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Que veut-on dire par " la méditation " ? Quelle est la relation entre la méditation et la prière ?

1. Bahá'u'lláh dit qu'il y a un signe (de Dieu) dans chaque phénomène : le signe de l'intelligence est la méditation et le signe de la méditation est le silence, car il est impossible qu'un homme fasse deux choses à la fois ; il ne peut pas à la fois parler et méditer.

C'est un fait évident que lorsque vous méditez, vous parlez avec votre propre esprit. Dans cet état d'esprit, vous posez certaines questions à votre esprit et l'esprit répond: la lumière jaillit et la réalité est révélée. On ne peut donner le nom " d'homme " à un être dépourvu de cette faculté de méditation ; sans elle, il serait un simple animal, plus bas que les animaux. Par la faculté de la méditation, l'homme atteint la vie éternelle; par elle, il reçoit le souffle du Saint-Esprit ; le don de l'Esprit est donné par la réflexion et la méditation. L'esprit de l'homme s'informe et se fortifie pendant la méditation ; c'est grâce à elle que sont révélées à l'homme des affaires qu'il ne connaissait pas auparavant. C'est aussi grâce à elle, qu'il reçoit l'inspiration divine et la nourriture céleste.

La méditation est la clé pour ouvrir les portes des mystères. Dans cet état, l'homme se détache ; dans cet état l'homme se retire de tous buts étrangers, dans cet état d'âme subjectif, il est immergé dans l'océan de la vie spirituelle et peut dévoiler les secrets des choses en elles-mêmes. Pour illustrer ceci, pense à l'homme doué de deux sortes de vue ; quand le pouvoir de perspicacité est utilisé, le pouvoir extérieur de la vision ne voit pas. Cette faculté de méditation libère l'homme de la nature animale, perçoit la réalité des choses, met l'homme en relation avec Dieu.

Cette faculté produira les sciences et les arts du monde invisible. Par la faculté méditative, les inventions sont possibles, et des entreprises colossales se réalisent ; de cette manière, les gouvernements peuvent ainsi bien fonctionner. Par cette faculté, l'homme entre dans le Royaume même de Dieu. Néanmoins, certaines pensées sont inutiles à l'homme ; elles sont comme les vagues stériles qui se déplacent dans la mer. Mais si la faculté de méditation est baignée dans la lumière interne et caractérisée par des attributs divins, les résultats seront confirmés. La faculté méditative est semblable au miroir; si vous le mettez devant les objets terrestres, il les reflétera. Donc se l'esprit de l'homme contemple des objets terrestres, il en sera informé. Mais si vous tournez le miroir de votre esprit vers le ciel, les constellations célestes et les rayons du Soleil de réalité seront réfléchis dans votre coeur, et vous acquérez les vertus de royaume.

- 'Abdu'l-Bahá, L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse, p. 11.

2. Si cette âme reçoit l'aide de l'esprit pour éclairer sa compréhension, elle peut alors découvrir les mystères de la création [...] D'autre part, si l'homme n'ouvre pas son coeur et sa pensée à la bénédiction de l'esprit mais oriente son âme vers la matière et vers le côté physique de sa nature, il déchoît de son rang élevé pour devenir inférieur aux créatures du règne animal.

- 'Abdu'l-Bahá, L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse, p. 11.

3. Par conséquent, sache que le seul vrai Dieu est en possession de mondes invisibles que la méditation de l'homme n'est pas en mesure de concevoir et que son intelligence est incapable d'imaginer. Quand tu purifieras et videras tes narines spirituelles de toutes effluves terrestres, alors tu humeras les parfums célestes se dégageant des jardins miséricordieux de ces mondes.

- 'Abdu'l-Bahá, L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse, p. 11.

4. Tout homme qui méditerait en son coeur ce qu'a révélé la plume du Très-Haut et qui goûterait à sa saveur, se trouverait certainement allégé, délivré de ses propres désirs, et entièrement soumis à la volonté du Tout-Puissant. Heureux l'homme qui parvient à ce haut état et ne se prive pas d'une faveur si précieuse!

- Bahá'u'lláh, " L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse ", p.5

5. Chante les paroles de Dieu, médite sur leur sens et transforme-les en actions!

- 'Abdu'l-Bahá, L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse, p. 11.

6. Dans les enseignement, aucune forme établie de méditation n'a été prescrite; il n'y a aucun plan, du même genre, pour le développement intérieur. Il est fortement conseillé, et même ordonné, aux amis de prier, et ils doivent aussi méditer, mais la manière de méditer est laissée entièrement et uniquement à l'individu... L'inspiration reçue par la méditation est d'une nature incommensurable et indéterminable. Dieu, s'Il le désire, peut nous inspirer des choses dont nous n'avions aucune connaissance auparavant.

- Extrait d'une lettre écrite de la part du Gardien, datée du 25 janvier 1943, adressée à un croyant, cité dans L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse , p. 17 - 18.

Note: Pour plus des renseignements au sujet de la prière et de la méditation, voir L'Art divin de vivre, chapter 5 et la compilation L'importance de la prière, de la méditation et l'attitude pieuse.

 

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Vivre la vie

Session quatre

Quelle est la raison de l'existence les lois religieuses? Quelles sont les deux sortes de lois dans chacune des religions divinement révélées ? Donnez des exemples.

1. Ô amis de Dieu! Si vous mettez votre confiance dans la parole de Dieu, si vous demeurez fermes, si vous suivez les préceptes de Bahá'u'lláh: soigner les malades, relever les êtres déchus, prendre soin des pauvres et des nécessiteux, abriter les indigents, protéger les opprimés, réconforter les affligés, et si vous aimez l'humanité de tout votre coeur, alors je vous le dis, ce lieu de réunion verra avant peu se lever une moisson merveilleuse. De jour en jour, chacun des membres de votre groupe progressera, devenant de plus en plus spirituel. Mais vous devez bâtir sur une fondation solide; il faut que vos buts et vos ambitions soient clairement compris par chaque membre. On peut ainsi les formuler:

1. Montrer compassion et bienveillance envers tous les humains.
2. Servir l'humanité.
3. S'efforcer de guider et d'éclairer ceux qui sont dans les ténèbres.
4. Être bon pour chacun et témoigner de l'affection à toute créature vivante.
5. Se montrer humble envers Dieu, rester en union constante avec Lui par la prière, afin de s'approcher chaque jour plus près de Lui.
6. Vous montrer si loyal et si sincère en toutes vos actions que chaque membres soit connu comme la personnification de l'honnêteté, de l'amour, de la foi, de la bienveillance, de la générosité et du courage.
7. Être détaché de tout ce qui n'est pas Dieu, être attiré par le souffle céleste, être comme une âme divine, afin que le monde sache qu'un bahá'í est un être parfait.

Efforcez-vous d'atteindre cet objectif au cours de vos réunions. Vous serez alors véritablement les amis de Dieu, rassemblés dans la joie. Aidez-vous les uns les autres, soyez comme une seule âme, réalisant ainsi l'unité parfaite.

Je prie Dieu pour que, chaque jour, Il vous fasse progresser en spiritualité, que son amour se manifeste de plus en plus en vous, que vos pensées et vos coeurs soient purifiés, et vos visages tournés vers Lui à tout jamais. Puissiez-vous approcher, chacun et tous, du seuil de l'unité et entrer dans le royaume. Puisse chacun d'entre vous ressembler à une torche flamboyante, allumée et embrasée par le feu de l'amour de Dieu.

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 1e partie, 6 nov., p. 63-64

2. Ceux qui Dieu a doués de clairvoyance reconnaîtront aisément que les préceptes qu'Il a édictés constituent les plus hauts et les plus puissants moyens de maintenir l'ordre dans le monde et la sécurité des peuples. [...]

O vous peuples du monde! Sachez, à n'en point douter, que mes commandements sont les lampes de ma tendre providence parmi mes serviteurs et les clefs de ma miséricorde pour mes créatures. Voilà ce qu'a envoyé du ciel de sa volonté votre Seigneur, le Seigneur de la révélation. Si un homme appréciait la douceur de ce que, de ses lèvres, le Très-Miséricordieux a voulu dire, possédât-il les trésors de la terre, cet homme renoncerait à tous sans exception pour défendre la vérité d'un seul de ses commandements qui brillent à l'aurore de sa tendre sollicitude et de sa générosité.

Dis: De mes lois se dégage le doux parfum de mon vêtement, et par elles seront plantés sur les plus hautes sommets les étendards de la victoire. Du ciel de ma gloire omnipotente, la langue de mon pouvoir adresse à ma création ces paroles: "Observe mes commandements pour l'amour de ma beauté." Heureux l'amant qui respire en ces paroles le divin parfum du Bien-Aimé, chargé de l'arôme d'une grâce qu'aucun langage ne saurait décrire. Par ma vie! Quiconque a bu le vin choisi de justice que lui tendent les main de ma généreuse faveur gravitera autour de mes commandements qui brillent à l'aube de ma création. Ne croyez pas que Nous vous ayons révélé un simple code de lois. Non, plus exactement, c'est le vin de choix que, par les doigts de la force et du pouvoir, Nous avons décacheté.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, CLV, p. 218-219

3. En réalité, les bases des religions divines sont exactement les mêmes. Les différends qui se sont élevés entre nous sont le fait d'imitations aveugles des croyances dogmatiques et de l'adhésion à des formes ancestrales d'adoration. [...]

Les religions divines comportent deux sortes d'ordonnances. Premièrement, celles qui constituent les enseignements essentiels ou spirituels de la parole de Dieu. Ce sont la foi en Dieu, l'acquisition des vertus qui caractérisent la maturité parfaite, les moeurs louables, [...] en résumé, les ordonnances qui concernent le domaine de la morale et de l'éthique. C'est l'aspect fondamental de la religion de Dieu, et ceci est de la plus grande importance car la connaissance de Dieu est la nécessité fondamentale de l'homme. L'homme doit comprendre les préceptes de Dieu et réaliser avec certitude que le développement éthique de l'humanité dépend de la religion. [...] Il est rappelé dans la Sainte Bible que Dieu dit: " Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance. " Il saute aux yeux que l'image et la ressemblance dont il est fait mention ne s'appliquent pas à la forme et à l'aspect d'un être humain puisque la réalité de la divinité n'est limitée à aucune forme ou figure. De même que Dieu est déclaré être juste, l'homme doit être juste. Comme Dieu est tendre et bon envers tous les hommes, l'homme doit de même manifester une tendre bonté pour toute l'humanité. [...] En un mot, "l'image et la ressemblance de Dieu" constituent les vertus de Dieu, et l'on attend de l'homme qu'il devienne le dépositaire des splendeurs des attributs divins. Ceci est la base fondamentale de toutes les religions divines, la réalité elle-même, commune à toutes. Sa Sainteté Abraham le promulgua; Sa Sainteté Moïse le proclama. Sa Sainteté le Christ et tous les prophètes soutinrent ce standard et cet aspect de la religion divine.

Deuxièmement: Les lois et ordonnances qui sont temporaires et non essentielles. Celles-ci concernent les transactions et les relations humaines. Elles sont accidentelles et sujettes à changement selon les exigences de temps et de lieu. Ces ordonnances ne sont ni permanentes ni fondamentales. Par exemple, au temps de Noé il était d'usage que les nourritures venant de la mer soient considérées comme légales; Dieu commanda donc à Noé de prendre sa part de toute vie marine animale. Au temps de Moïse, ceci n'était pas en accord avec les exigences de l'existence d'Israël, et un deuxième commandement fut révélé, qui abrogea partiellement la loi concernant les nourritures provenant de la mer. [...] Il y a dans la Sainte Bible certains commandements qui, en conformité avec ces temps passés, constituaient l'esprit même de l'âge, la lumière même de cette période.

- 'Abdu'l-Bahá, Les bases de l'unité du monde, p. 127-128

Note: Les lois et les ordonnances de la foi bahá'íe se trouvent dans le Kitáb-i-Aqdas, le plus saint livre de Bahá'u'lláh.

4. Si les bahá'ís étaient en mesure de se faire une juste idée de leur travail, il leur deviendrait évident qu'à l'encontre d'autres types d'oeuvres de secours et de bienfaisance, qui sont à caractère superficiel et qui ne sauraient donner tout au plus qu'un bref répit aux maux et souffrances des hommes, l'oeuvre qui les occupe est l'instauration d'un nouvel ordre spirituel dans le monde, fondé sur la parole de Dieu, dont le fonctionnement dépend des lois qu'Il a établies pour notre ère. Seuls à pouvoir accomplir cette tâche sont ceux qui ont pleinement compris le sens du message de Bahá'u'lláh, alors que presque toute personne courageuse et sincère peut se consacrer aux oeuvres de secours, etc. Les croyants sont occupés à ériger un refuge pour l'humanité. C'est là leur tâche suprême et sacrée, à laquelle ils se doivent de consacrer chaque instant.

- Shoghi Effendi, Directives of the Guardian, p. 67 [traduction provisoire]

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Quels sont quelques-uns des enseignements bahá'ís concernant l'unité et l'amour de l'humanité ?

1. L'essence de l'enseignement de Bahá'u'lláh est l'amour qui embrasse toutes choses, car l'amour contient toutes les qualités humaines. Il permet à chaque âme de progresser. Il dispense à chacune, en héritage, la vie immortelle. Sous peu, tu seras témoin que ses célestes enseignements, la gloire de la réalité elle-même, illumineront les cieux du monde.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d''Abdu'l-Bahá, # 31, p. 65

2. L'homme fut créé afin qu'il puisse réaliser les vertus suprêmes de l'humanité par les dons célestes dévolus sur lui. Le but de la création de l'homme est donc l'unité et l'harmonie, non la discorde et la séparation. Si les atomes qui constituent le règne minéral n'avaient pas d'affinité les uns pour les autres, jamais la terre n'aurait pris forme ; l'univers n'aurait pu être créé. Grâce à l'affinité qui existe entre eux, le pouvoir de la vie se manifeste, et les organismes du monde phénoménologique deviennent possibles. Lorsque cette force d'attraction ou affinité atomique est détruite, le pouvoir de la vie cesse de se manifester, et la mort et la non-existence en résultent. Il en est de même dans le monde spirituel. C'est le royaume de l'unique esprit divin, le royaume de Dieu. Ainsi, l'affinité et l'amour qui sont manifestes en cette réunion et les dispositions divines mises en évidence ici ne sont point de ce monde, mais du monde du royaume. Lorsque les âmes se séparent et deviennent égoïstes, les bontés divines ne leur sont plus prodiguées, et les lumières de la cohorte suprême n'y trouvent plus de reflet, même si les corps se rencontrent et s'assemblent.

- 'Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 4 [traduction provisoire]

3. L'amour peut s'exprimer de bien des manières: amour de la famille, du pays, de la race. Il y a l'enthousiasme pour un parti politique ou encore l'esprit de solidarité dans le service; tous sont des moyens de manifester le pouvoir de l'amour. Sans eux, il ne serait ni visible, ni perçu, ni ressenti, demeurant à la fois inexprimé et caché. [...] De même, il est nécessaire d'avoir recours à un canal, une raison, un objet, un mode d'expression pour manifester l'amour. Il nous faut trouver le moyen de répandre l'amour parmi les hommes. L'amour est illimité, infini et sans borne. Les choses matérielles sont limitées, circonscrites, finies. Il est impossible d'exprimer l'amour infini d'une manière adéquate avec des moyens limités. L'amour parfait a besoin d'un intermédiaire désintéressé, absolument libre de toute entrave. L'amour de la famille est limité, les liens du sang ne sont pas les plus forts. [...] L'amour de la race est limité; bien que manifestant une certaine union, celle-ci est insuffisante; l'amour doit être libre de toute restriction. [...] Il est évident que ces liens matériels limités sont insuffisants pour exprimer l'amour universel d'une manière convenable. [...] Versez la lumière d'un amour sans limites sur tous ceux que vous rencontrez, qu'ils soient de votre pays, de votre race, de votre parti politique, ou qu'ils soient de tout autre nation, race ou nuance d'opinion. Le ciel vous assistera dans votre tâche, tandis que vous rassemblez les peuples épars à l'ombre de la tente suprême de l'unité.

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 1e partie, 24 oct., p. 32-34

4. Le malaise qui affecte ce corps politique provient du manque d'amour et de l'absence d'altruisme. On ne peut plus trouver aucun amour dans le coeur des être humains et cet état de choses est tel qu'il ne peut y avoir ni guérison ni contentement pour l'humanité tant qu'elle ne sera pas réveillée par quelque pouvoir qui ferait se développer en chaque homme les idées d'unité, d'amour et de concorde. Amour et unité sont les besoins du monde politique d'aujourd'hui; sans cela il n'y aura ni vrai progrès ni prospérité. [...] Ce n'est pas la science qui pourra remédier à la maladie du monde, elle est incapable de créer l'amitié et la camaraderie dans le coeur humain. [...] seuls les enseignements spirituels de la religion de Dieu peuvent créer cet amour, cette unité, cet accord entre les coeurs humains.

- 'Abdu'l-Bahá, L'Art divin de vivre, chap. 14, p. 195-196

5. Ô vous, amoureux de cette âme meurtrie! Purifiez votre regard, afin de ne considérer aucun homme comme différent de vous. Ne considérez plus les hommes comme des étrangers mais comme des amis, car l'amour et l'unité s'avèrent difficiles quand vous fixez votre regard sur la différence. En cet âge nouveau et merveilleux, les saintes écritures nous disent que nous devons être en harmonie avec tous nos semblables, que nous devons ne voir ni rudesse, ni injustice, ni malveillance, ni hostilité, ni haine, mais tourner plutôt nos regards vers le ciel de l'ancienne gloire. Car chacune des créatures est un signe de Dieu, et ce fut par la grâce du Seigneur et par son pouvoir que chacune d'elles a vu le jour en ce monde; c'est pourquoi elles sont toutes les membres d'une seule et même famille; elles ne sont pas des étrangères mais des amies, et doivent être traitées comme telles.

Ainsi, les bien-aimés de Dieu doivent se comporter avec la même affection et la même fraternité envers l'inconnu comme envers l'ami, manifestant à tous une extrême bienveillance, évitant de considérer leurs capacités et ne demandant jamais s'ils méritent d'être aimés. Que les amis fassent preuve, en toutes circonstances, de considération et d'une infinie courtoisie. Qu'ils ne se laissent jamais décourager par la malveillance, l'agression ou la haine - si intenses soient-elles. Si d'autres lancent vers vous leurs flèches, offrez-leur du lait et du miel en retour; s'ils empoisonnent vos vies, adoucissez leur âme; s'ils vous injurient, apprenez-leur comment on réconforte; s'ils vous infligent une blessure, soyez un baume pour leurs souffrances; s'ils vous piquent, tendez à leurs lèvres une coupe rafraîchissante.

-'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d'Ábdu'l-Bahá, #8, p.23-24

6. Ô vous, bien-aimés du Seigneur! Le royaume de Dieu est fondé sur l'équité et la justice, et aussi sur la miséricorde, la compassion et la bonté envers chaque âme vivante. Efforcez-vous donc, de tout votre coeur, de traiter avec compassion tous les êtres humains, à l'exception de ceux qui nourrissent des ambitions égoïstes, personnelles, ou qui sont atteints de quelque maladie de l'âme. Nous ne pouvons manifester de la bonté à l'égard du tyran, du traître ou du voleur car, loin de les éveiller à leurs fautes, nous les inciterions à demeurer dans leurs desseins pervers. [...]

En résumé, ce n'est pas seulement leurs semblables que les bien-aimés de Dieu doivent traiter avec miséricorde et compassion; leur bienveillance doit se manifester à l'égard de chaque créature vivante [...] La plupart des êtres humains sont des pécheurs, alors que les bêtes sont innocentes. Celles qui sont pures de tout péché devraient, certes, bénéficier d'une bonté et d'un amour extrêmes - toutes, à l'exception des animaux nuisibles [...] Un chien enragé peut, s'il en a l'occasion, tuer un millier d'hommes et d'animaux. Ainsi, montrer de la compassion envers des bêtes sauvages et enragées, c'est faire preuve de cruauté envers les animaux paisibles. Il faut donc agir en conséquence avec les animaux nuisibles, mais se montrer bon et doux avec les animaux bénis. La tendresse et la bonté d'âme sont des principes fondamentaux de céleste royaume de Dieu. Vous devriez garder ceci soigneusement en mémoire.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d'Abdu'l-Bahá, #138, pp.157-159

7. Le plus grand besoin, partout à l'intérieur de la cause est, semble-t-il, de pénétrer les amis de la nécessité de l'amour mutuel. Il y a une tendance à mélanger les fonctions de l'administration et à essayer de les appliquer dans les relations individuelles, ce qui n'aboutit à rien, puisqu'une Assemblée est une Maison de justice naissante et est supposée administrer les affaires de la communauté suivant les enseignements. Mais les individus, dans leurs relations mutuelles, sont gouvernés par l'amour, l'unité, le pardon et par un oeil aveugle au péché.

- Shoghi Effendi, par son secrétaire, Vivre la Vie, p.23

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Comment peut-on développer l'amour et l'unité dans la communauté bahá'íe et dans le monde ?


1. L'instruction dispensée à ces enfants, c'est comme le labeur d'un jardinier dévoué, qui soigne ses jeunes plantes dans les prés fleuris du Très Glorieux. Il ne fait aucun doute que son action produira les résultats souhaités; ceci est vrai, en particulier, de l'instruction relative aux obligations et au comportement des bahá'ís, car les jeunes enfants doivent être avertis, en leur âme et en leur coeur, que " bahá'í ", s'il ne porte pas ses fruits, demeurera stérile.

Efforce-toi donc, au mieux de tes capacités, de faire comprendre à ces enfants qu'un bahá'í, c'est un être qui incarne toutes les perfections, qui doit briller tel un cierge allumé, et non demeurer dans l'obscurité tout en portant le nom de bahá'í.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d'Abdu'l-Bahá, #123, pp.142

2. Devenir un bahá'í est forcément chose lente et progressive. L'essentiel, ce n'est pas que le débutant possède une connaissance complète et circonstanciée de la Cause, chose manifestement impossible dans la majorité prépondérante des cas ; c'est plutôt qu'un mouvement de sa propre volonté le dispose à maintenir et à poursuivre la vérité et la direction établies dans les enseignements, et d'ouvrir ainsi son coeur et son esprit à la réalité de la Manifestation.

- Shoghi Effendi, Directives of the Guardian, p. 7-8 [traduction provisoire]

3. Certaines âmes sont ignorantes, il convient de les éduquer; d'autres sont malades, elles doivent être guéries; d'autres encore sont d'âges tendre, il faut les aider à atteindre la maturité et leur manifester une extrême bienveillance. Telle est la ligne de conduite du peuple de Bahá.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d'Ábdu'l-Bahá, #13, p.28

4. L'amour entre les croyants [...] dépend de la connaissance de Dieu. [...] L'un voit la beauté de Dieu se refléter dans l'âme de l'autre et, se rencontrant sur ce terrain de similitude, ils sont attirés l'un vers l'autre par la force de l'amour. C'est cet amour qui fera de tous les hommes les vagues d'un même océan, les étoiles d'un même ciel et les fruits d'un même arbre. Il permettra de réaliser la véritable concorde et sera le fondement de la vraie unité.

-'Abdu'l-Bahá, L'Art divin de vivre, p.169

5. [...] la Cause de l'Ancienne Beauté [est] l'essence même de l'amour, la voie même de l'unité, dont l'existence a seulement pour objet que tous puissent devenir les vagues d'un même océan, les brillantes étoiles du même ciel infini, [...] qu'ils puissent devenir des serviteurs les uns envers les autres, qu'ils s'adorent mutuellement, qu'ils se bénissent et se louangent les uns les autres; que chacun puisse délier sa langue et prôner les mérites de tous les autres sans exception, et qu'il puisse exprimer sa gratitude envers autrui; que tous lèvent les yeux vers l'horizon de gloire et se souviennent qu'ils sont reliés au Seuil Sacré; qu'ils ne voient que le bien chez leurs semblables, qu'ils n'entendent que la glorification des uns et des autres, et ne profèrent mot sur autrui, si ce n'est pour en dire des louanges.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d'Ábdu'l-Bahá, #193, p.226-227

6. Vous ne devriez, en aucun cas, vous sentir découragé ni permettre à de telles difficultés, même si elles proviennent de la mauvaise conduite ou du manque de capacité et de clairvoyance de certains membres de la communauté, de vous ébranler dans votre foi et dans votre loyauté première envers la cause. Assurément, les croyants quelque qualifiés qu'ils soient aussi bien comme administrateurs que comme enseignants et quelque élevés que soient leurs mérites intellectuels et spirituels, ne doivent jamais être considérés comme un modèle avec lequel on peut évaluer et mesurer l'autorité divine et la mission de la foi. C'est vers les enseignements eux-mêmes et vers la vie des fondateurs de la cause que les croyants doivent se tourner pour leur instruction et leur inspiration et c'est seulement en gardant strictement une attitude loyale, qu'ils pourront espérer établir leur loyauté envers Bahá'u'lláh sur une base stable, imprenable et inattaquable. Vous devriez donc prendre à coeur et essayer de contribuer, avec une vigilance soutenue et d'incessants efforts, à votre pleine part dans le développement graduel de ce divin ordre mondial.

- Extrait d'une lettre écrite au nom de Shoghi Effendi, datée le 23 août 1939 et adressée à un croyant. Cité dans Vivre la Vie, p. 10-11

7. Soyez unis, ne vous fâchez pas les uns contre les autres. Aimez les créatures pour l'Amour de Dieu et non pour elles-mêmes; de cette façon vous ne deviendrez jamais hargneux ou impatient. L'humanité n'est pas parfaite, on trouve des défauts chez tout être humain et vous serez toujours malheureux si vous considérez les gens pour eux-mêmes. Mais si vous regardez vers Dieu, vous les aimerez et serez bons pour eux, car le monde de Dieu est celui de la perfection et de l'entière mansuétude. Par conséquent, ne regardez pas les faiblesses d'autrui, si ce n'est avec les yeux de l'indulgence. L'oeil imparfait voit les imperfections...

-'Abdu'l-Bahá, L'Art divin de vivre, p.201-202

8. 'Abdu'l-Bahá nous dit: " Être silencieux sur les fautes des autres, prier pour eux, les aider par la bonté à se corriger. Regarder toujours le bien et jamais le mal. Si un homme a dix bonnes qualités et un défaut, considérer les qualités et oublier le défaut et si un homme a dix défauts et une qualité, retenir celle-ci et oublier les dix défauts. "

- J.E. Esslement, Bahá'u'lláh et l'Ère nouvelle, p.110

9. Au cours d'une entrevue privée à Paris en 1913, on demanda à 'Abdu'l-Bahá, " Comment arriverai-je à cesser de voir les imperfections des autres - de reconnaître ce qui ne va pas chez les autres? " et Il répondit, " Je vais vous le dire. Chaque fois que vous reconnaissez l'imperfection d'un autre, pensez à vous-même: Quelles sont mes imperfections? - et essayez de les surmonter. Faites ceci chaque fois que vous êtes éprouvé à cause des paroles ou des actions d'autres. C'est ainsi que vous croîtrez, que vous deviendrez plus parfait. Vous arriverez à dominer le moi, vous n'aurez même pas le temps de penser aux défauts des autres... "

- Star of the West, volume 8, #10, page 138, cité dans une lettre du 5 avril 1981 écrite de la part de la Maison Universelle de Justice à un croyant

10. Ne tenez jamais de propos désobligeants sur les autres mais louer sans distinction. [...] Faites en sorte que votre coeur soit purifié de toute haine. Restez indifférent aux offenses; si quelqu'un se trouve en tort ou en erreur envers vous, oubliez-le à l'instant. Ne vous plaignez pas des autres, retenez-vous de les réprimander et si vous voulez leur faire une remontrance ou leur donner un conseil, faites-le de manière à ne pas les accabler. Que toutes vos pensées soient occupées à apporter la joie aux coeurs. Prenez garde! Prenez garde de n'offenser aucun coeur. [...] Bref, que chacun de vous soit comme une lampe qui répand la lumière des vertus du monde de l'humanité. Soyez digne de confiance, sincères, affectueux et pleins de chasteté. Soyez éclairés, soyez spirituels, soyez divins, soyez glorieux, soyez animés de Dieu, soyez bahá'ís.

-'Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, 2 dec. 1912, #7, p.453 [traduction provisoire]

11. L'important, c'est de " vivre la vie " - d'avoir nos vies si imprégnées par les enseignement divins et l'esprit bahá'í que personne ne puisse manquer de distinguer une joie, une énergie, un amour, une pureté, une luminosité, une efficacité dans notre caractère et notre travail qui nous distingueront des gens préoccupés par le monde et les intrigueront quant au secret de cette vie nouvelle qui est en nous. Nous devons entièrement nous détacher et nous vouer à Dieu afin que chaque jour et qu'à chaque moment nous cherchions à accomplir seulement ce que Dieu voudrait que nous réalisions et de la manière qu'Il le désire. Si nous faisons ceci sincèrement, nous aurons alors une unité et une harmonie parfaites parmi nous. - Shoghi Effendi, par son secrétaire, Vivre la Vie, p.4 - 5 12. La Beauté Bénie [Bahá'u'lláh] fit souvent cette remarque : " Il y a quatre qualités que j'aime voir se manifester dans les gens. D'abord, l'enthousiasme et le courage ; deuxièmement, le visage éclairé de sourires et radieuse ; troisièmement, qu'ils voient toutes choses par leurs propres yeux et non par les yeux des autres ; et quatrièmement, la capacité de mener à sa fin une tâche une fois qu'elle a été entreprise. "

- Memories of Baha'u'llah, Mr Furutan, p. 51 [traduction provisoire]

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Les manifestations de Dieu

Session cinq

 Quel est le rôle des messagers ou " Manifestations " de Dieu ?

1. La Réalité divine est inconcevable, invisible, éternelle, immortelle et sans limites. Le monde de la création est borné, mortel, et soumis aux lois de la nature. Pour cette infinie Réalité, on ne peut parler de montée ni de descente. Elle dépasse l'entendement de l'homme et ne peut être décrite dans les termes qui s'appliquent aux phénomènes physiques du monde créé.

Aussi l'homme a-t-il grandement besoin du seul pouvoir qui lui permette de recevoir l'assistance de la divine Réalité, de l'unique pouvoir qui le mette en contact avec la Source de toute vie. Un intermédiaire est indispensable pour relier deux extrêmes l'un à l'autre. [...] C'est pourquoi on peut dire qu'il faut un médiateur entre Dieu et l'homme. Et celui-ci n'est autre que l'Esprit saint qui met le monde créé en relation avec l'Inconcevable, avec la divine Réalité.

On peut comparer la Réalité divine au soleil et l'Esprit saint aux rayons du soleil. De même que ses rayons répandent lumière et chaleur sur la terre, donnant la vie à toutes les créatures, ainsi les " manifestations " apportent la puissance de l'Esprit saint émané par le Soleil divin de Réalité, et donnent lumière et vie aux âmes des hommes. Vous voyez qu'un intermédiaire est nécessaire entre le soleil et la terre; le soleil ne descend pas sur terre, et la terre ne monte pas vers le soleil. Leur contact a lieu par les rayons solaires apportant la lumière et la chaleur. [...] De même l'Esprit saint est la cause réelle de la vie humaine; sans lui, l'homme serait privé d'intelligence et serait incapable d'acquérir les connaissances scientifiques auxquelles il doit toute son influence sur le reste de la création. L'illumination par l'Esprit saint donne à l'homme le pouvoir de la pensée, et lui permet de faire les découvertes par lesquelles il infléchit les lois de la nature selon sa volonté. Par l'intermédiaire des prophètes de Dieu, c'est l'Esprit saint qui enseigne les vertus spirituelles à l'homme et lui permet d'atteindre à la vie éternelle.

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d'Abdu'l-Bahá à Paris, 31 oct., p. 50-51

2. Et comme il ne saurait y avoir de lien direct entre le seul vrai Dieu et sa création, et que rien de commun ne peut exister entre l'Éternel et le transitoire, le contingent et l'Absolu, Dieu a ordonné qu'à tout âge et à chaque dispensation, une âme pure et sans tache soit manifestée dans les royaumes du ciel et de la terre.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XXVII, p. 44-45

3. La porte de la connaissance de l'éternel a toujours été et restera à jamais fermée à la face des hommes. Aucune intelligence humaine n'accédera jamais en sa sainte cour. Toutefois, en gage de sa miséricorde et en signe de sa tendre bonté, Il a manifesté aux hommes les étoiles du matin de sa direction divine, les symboles de sa divine unité, et Il a voulu que la science de ces êtres sanctifiées soit identique à sa propre science. Qui les reconnaît a reconnu Dieu. Qui écoute leur voix, écoute la voix même de Dieu, et qui atteste la vérité de leur révélation, atteste la vérité de Dieu Lui-même. De même, quiconque se détourne d'eux s'est détourné de Dieu, et quiconque n'as pas cru en eux a refusé de croire en Dieu. Chacun d'eux est la voie divine qui relie ce monde aux royaumes d'en haut. Chacun d'eux est l'étendard et la Vérité de Dieu pour tous les habitants du ciel et de la terre. Ils sont les manifestations de Dieu parmi les hommes, les preuves de sa vérité et les signes de sa gloire.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XXI, p. 34-35

4. Ces essences de détachement, ces réalités resplendissantes sont les sources de l'omnipénétrante grâce de Dieu. Guidées par la lumière de l'infaillible direction et investies d'une souveraineté suprême, elles ont pour mission, par l'inspiration de leurs paroles, les effusions de leur grâce infaillible et la brise sanctifiante de leur révélation, de débarrasser tout coeur ardent et tout esprit réceptif des impuretés et des poussières dues aux soucis et aux limitations de la terre. Alors, et alors seulement, le dépôt divin, latent dans la réalité de l'homme, émergera aussi resplendissant que l'orbe de la révélation divine, hors des voiles qui le cachaient, et plantera à la cime du coeur des hommes, l'étendard de sa gloire dévoilée.

Des citations et références qui précèdent, il ressort clairement et indubitablement que, dans les royaumes du ciel et de la terre, il faut de toute nécessité que soit manifesté un Être, une Essence qui doit remplir l'office de véhicule pour la transmission de la grâce de Dieu Lui-même, le souverain Seigneur de toutes choses. Par les enseignements de cette Étoile du Matin de la vérité, tout homme progressera et se développera jusqu'à ce qu'il parvienne à ce stade où il pourra manifester tout le potentiel des forces dont son être intime et essentiel a été doté. C'est à cette fin même que, en tout âge et dans chaque dispensation, les prophètes de Dieu et ses élus ont paru parmi les hommes et ont montré un pouvoir tel qu'il ne pouvait venir que de Dieu et une puissance telle que, seul, Dieu pouvait la révéler.

Celui qui juge sainement peut-il vraiment imaginer que, faute par lui de comprendre la signification de certaines paroles, les portes de la direction divine soient à jamais fermées à la face des hommes ? Peut-il concevoir, pour ces divins flambeaux, ces resplendissantes lumières, soit un commencement, soit une fin ? [...] Il n'est pas douteux que si la vague de cette miséricorde et de cette grâce se retirait, ne fût-ce qu'un instant, du monde, celui-ci périrait aussitôt. C'est pourquoi, depuis le commencement qui n'a pas de commencement, les portes de la divine miséricorde ont été largement ouvertes à la face de tous les être crées, et que, jusqu'à la fin qui n'a point de fin, les nuages de la vérité continueront à déverser sur le sol de la capacité, de la réalité et de la personnalité humaines les pluies de leurs faveurs et de leurs bienfaits.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XXVII, p. 67-68

5. Les prophètes de Dieu sont les premiers éducateurs. Ils donnent à l'homme une éducation universelle et le font s'élever des niveaux les plus bas de la sauvagerie aux pinacles les plus hauts du développement spirituel. Les philosophes sont également des éducateurs en ce qui concerne la formation intellectuelle. Tout au plus ont-ils été seulement capables de s'éduquer eux-mêmes ainsi qu'un nombre limité de personnes autour d'eux, d'améliorer leurs propres moeurs et, pour ainsi dire, de se civiliser eux-mêmes; mais ils ont été incapables de donner une éducation universelle. Ils n'ont pas réussi à faire avancer une nation donnée de la sauvagerie à la civilisation. [...]

Sa Sainteté Jésus-Christ était un éducateur de l'humanité. Ses enseignements étaient altruistes, son don universel. Il enseigna l'humanité par le pouvoir du Saint-Esprit et non par l'entremise humaine, car le pouvoir humain est limité tandis que le pouvoir divin est illimité et infini. L'influence du Christ et ce qu'il a réalisé l'attesteront. [...] Ceci a pour but de montrer que les saintes manifestations de Dieu, les prophètes divins, sont les premiers des maîtres de la race humaine. Ils sont les éducateurs universels, et les principes fondamentaux qu'ils ont posés sont les causes et les facteurs de l'avancement des nations.

- 'Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'unité du monde, " L'Éducation ", p. 78-80

6. Maintenant, considérez que c'est l'éducation qui réunit l'Orient et l'Occident sous la loi de l'homme, c'est l'éducation qui fait apparaître toutes ces merveilleuses inventions, c'est l'éducation qui produit ces sciences et ces arts éminents, c'est l'éducation qui fait ces nouvelles découvertes et met en évidence ces institutions! Et s'il n'y avait pas d'éducateur, ces conforts, ce progrès ou cette civilisation n'existeraient pas. Si vous laissez un homme dans un désert où il ne voit aucun de ses semblables, sans nul doute il deviendra un véritable animal: il est donc clair qu'un éducateur est nécessaire.

Mais il y a trois sortes d'éducations: l'éducation matérielle, l'éducation humaine, l'éducation spirituelle.

L'éducation matérielle a pour but les progrès et les développements du corps, en facilitant les moyens de vivre, en aidant à acquérir le confort et la tranquillité: cette éducation est commune à l'homme et aux animaux.

L'éducation humaine implique civilisation et progrès, c'est-à-dire: gouvernement, administration, oeuvres de bienfaisance, activités commerciales, artisanat, sciences, grandes inventions et découvertes, institutions soigneusement élaborées; ces activités sont essentielles à l'homme et le distinguent de l'animal. L'éducation divine est l'éducation en vue de royaume. Elle consiste à acquérir les perfections divines, et c'est la véritable éducation; car, dans cet état, l'homme devient le centre des bénédictions divines, et la manifestation de " faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance ". Tel est le but du monde humain. [...]

C'est par des arguments de raison qu'il a été prouvé que le monde de l'existence a les plus grand besoin d'un éducateur et que son éducation ne peut être réalisée que par le pouvoir divin. Il n'y a pas de doute que ce pouvoir divin soit la révélation; et que l'éducation des peuples doive se faire par ce pouvoir qui est supérieur aux forces humaines.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 15-19

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Comment l'analogie du soleil et des saisons est-elle utilisée pour expliquer le rôle des Manifestations de Dieu ?

1. Dans ce monde matériel, pour le temps, il y a les cycles, pour les contrées, il y a le retour des saisons, pour les âmes, il y a le progrès, l'évolution et l'éducation. Parfois c'est le printemps, et parfois c'est l'automne: un moment, c'est le temps de l'été, et un autre, la saison de l'hiver. [...] Il en est de même des cycles spirituels des prophètes. C'est-à-dire que le jour de l'apparition des manifestations sacrées, c'est le printemps spirituel. [...] Les esprits sont vivifiés, les coeurs sont rafraîchis et renouvelés, les âmes deviennent bonnes [...] C'est le temps du progrès général et du renouveau, car c'est le jour de la résurrection, le temps d'exaltation et de l'effervescence, la saison de la félicité, de la joie et de l'extase. Ensuite le printemps vivifiant aboutit à l'été plein de fruits : la parole de Dieu est exaltée, la loi est promulguée, toutes les choses parviennent au degré de perfection. [...] Puis, lorsque [le Soleil de Vérité] arrive au méridien, il se met à décliner et à descendre, et après l'été spirituel vient l'automne. La croissance et le développement s'arrêtent [...] Seul, le nom de la loi de Dieu demeure, avec la forme extérieure des enseignements divins; les fondements de la religion de Dieu sont détruits et anéantis, des habitudes et des rites prennent naissance. [...] L'hiver arrive. C'est-à-dire que le froid de l'ignorance enveloppe le monde et que les ténèbres des erreurs humaines prédominent. Alors viennent l'indifférence, la désobéissance, l'inconsidération, l'indolence, la bassesse [...]

Mais lorsque l'hiver a accompli son oeuvre, une seconde fois arrive le printemps spirituel, et un nouveau cycle apparaît : les brises spirituelles soufflent, l'aurore lumineuse se lève, [...] le monde des contingences trouve une vie nouvelle et revêt une parure merveilleuse. [...]

Les cycles spirituels du Soleil de Vérité sont donc comme ceux du système solaire ; ils sont continuellement en train d'évoluer et de se renouveler. Le Soleil de Vérité est comme l'astre des cieux, lequel a des orients et des levers nombreux [...] Mais le soleil est un soleil unique et une seule réalité; les gens qui savent aiment le soleil, et ne sont pas fascinés par ses levers et ses orients. Les gens de perception sont à la recherche de la vérité et non de ses lieux d'apparition et de ses sources; aussi ils se prosternent devant le soleil, de quelque point du zodiaque et de quelque orient qu'il se lève ; ils recherchent la vérité auprès de tout être saint qui la manifeste. Ces gens-là parviennent toujours à la vérité, et ils ne sont jamais séparés par un voile du Soleil du monde divin. [...]

Par exemple, une fois, le Soleil de Vérité lança ses rayons du zodiaque d'Abraham ; puis il se leva au signe de Moïse et embrasa l'horizon ; après cela il se leva au signe du Christ avec la puissance, la chaleur et l'éclat les plus grands. Ceux qui recherchaient la vérité la virent dans chacun de ces endroits et l'adorèrent ; mais ceux qui étaient attachés à Abraham, le jour où elle brilla sur le Sinaí et illumina la réalité de Moíse, ceux-là devinrent aveugles. Ceux qui étaient attachés à Moïse, devinrent également aveugles le jour où le Soleil de Vérité brilla divinement du point du Christ, avec l'éclat le plus grand. Et ainsi de suite.

L'homme doit donc rechercher la vérité ; il la trouvera dans chacune des essences sacrées. Qu'il soit séduit, fasciné et attiré par la bonté de Dieu ; qu'il soit comme le papillon amoureux de la lumière, dans quelque verre qu'elle brille ; qu'il soit comme le rossignol séduit par la rose, quel que soit le jardin où elle pousse.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 78-82

2. D'une façon générale, il y a deux sortes de prophètes. Les uns sont des prophètes indépendants auxquels on obéit; les autres ne sont pas indépendants, eux-mêmes sont des disciples. Les prophètes indépendants apportent une loi et fondent un cycle nouveau ; par leur apparition, le monde revêt une nouvelle robe d'honneur, et la religion reçoit de nouvelles fondations ; un livre nouveau est révélé ; et sans intermédiaire, ils manifestent la bonté de la Réalité divine elle-même. [...] Ces orients du matin de l'unité sont les sources de la bonté et les miroirs de l'Essence de Vérité.

Les autres prophètes sont des disciples et des promoteurs. Ils ne sont pas indépendants ; ce sont des branches qui manifestent la bonté des prophètes indépendants et ils reçoivent la lumière de direction du prophète universel, de même que la lune, non éclairante ni lumineuse par elle-même, reçoit la lumière du soleil.

Ces manifestations de la prophétie universelle qui sont apparues avec indépendance sont, par exemple, Abraham, Moïse, le Christ, Muhammad, le Báb, Bahá'u'lláh*. Quant aux autres, qui sont eux-mêmes des disciples et des promoteurs, ils sont comme Salomon, David, Esaïe, Jérémie, Ezéchiel. Car les prophètes indépendants étaient des fondateurs ; ils ont établi une nouvelle religion et ont donné aux âmes une vie nouvelle; ils ont changé la mentalité générale, ils ont répandu des coutumes et des règles nouvelles, renouvelé le cycle et la religion. Leur apparition ressemble à celle du printemps qui revêt d'une nouvelle parure tous les êtres de la terre et leur donne une nouvelle vie.

Quant à la seconde sorte de prophètes [...] ils répandent simplement la loi existante, font connaître la religion de Dieu et proclament sa parole. Ce n'est pas d'eux-mêmes qu'ils tirent le pouvoir et la force, mais ils les reçoivent des prophètes indépendants.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 170-171

Note: Selon les Écrits bahá'íes, Bouddha, Krishna et Zoroastre sont aussi des prophètes indépendantes.

3. Bien que les étoiles soient scintillantes et brillantes, le soleil leur est supérieur en splendeur lumineuse. De la même façon, ces saintes et divines manifestations sont et doivent toujours être distinguées au-dessus de tous les autres êtres, dans chaque attribut de gloire et de perfection, afin qu'il soit prouvé que la manifestation est la véritable maître et l'éducateur réel ; qu'elle est le Soleil de Vérité doué d'une splendeur suprême et reflétant la beauté de Dieu. Autrement, il ne nous est pas possible d'éduquer un individu humain et, après l'avoir éduqué, de croire en lui et de l'accepter comme la sainte Manifestation de la divinité. La vraie manifestation de Dieu doit être dotée de savoir divin et ne pas dépendre d'un savoir acquis dans les écoles. Elle doit être un éducateur, et non celui qui a été éduqué ; sont standard, l'intuition au lieu de l'éducation. Elle doit être parfaite et non imparfaite, sublime et glorieuse au lieu d'être faible et impuissante. Elle doit être comblée des richesses du monde spirituel, et non indigente. En un mot, la sainte et divine manifestation de Dieu doit se distinguer au-dessus de tous les autres membres de l'humanité, en tout aspect et en toute qualification, afin qu'elle soit capable d'éduquer de façon effective la collectivité humaine, d'éliminer l'obscurité qui recouvre le monde humain, d'élever l'humanité d'un rang inférieur à un rang supérieur par la force pénétrante de sa parole, de promouvoir et de répandre à profusion parmi les hommes le message bienfaisant de la paix universelle [...].

- 'Abdu'l-Bahá, Les bases de l'unité du monde, p.154 Note: pour plus des renseignements sur le savoir des Manifestations divines, voir Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 164-165

4. Sache, à n'en point douter, qu'à chaque dispensation, la lumière de la révélation divine a été dosée aux hommes en raison directe de leur capacité spirituelle. Considère le soleil. Combien faibles sont ses rayons quand il paraît à l'Orient, et comme sa chaleur et sa puissance vont croissant à mesure qu'il approche de son zénith, ménageant ainsi à toutes choses créées la possibilité de s'adapter à l'accroissement d'intensité de sa lumière! Et comme il décline graduellement jusqu'à ce qu'il atteigne le point où il se couche! S'il manifestait tout d'un coup les énergies qui sont en lui latentes, nul doute qu'il n'en résulterait un dommage pour toutes choses créées... De même, si dès les premiers stades de sa manifestation, le Soleil de Vérité révélait soudain la pleine mesure des forces dont l'a doté la providence du Tout-Puissant, la terre de l'intelligence humaine dépérirait et serait consumée, car jamais les coeurs des hommes ne pourraient soutenir l'intensité d'une telle révélation ni, par conséquent, refléter l'éclat de sa lumière. Consternés et accablés, ils cesseraient d'exister.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XXXVIII, p. 59

5. L'homme parfait est comme un miroir poli, réfléchissant le Soleil de Vérité et manifestant les attributs de Dieu. Le Seigneur Christ a dit : " Celui qui m'a vu a vu le Père " - Dieu manifesté dans l'homme.

Le soleil ne quitte pas sa place au ciel pour descendre dans le miroir, car monter et descendre, aller et venir n'est pas le propre de l'Infini mais le fait des êtres finis. Dans la manifestation de Dieu, le miroir parfaitement poli, les qualités divines apparaissent sous une forme que l'homme est capable de saisir.

- 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, p. 24

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 Quels sont les " deux aspects " des Manifestations de Dieu ?

1. C'est en tant qu'interprètes d'une cause nouvelle et révélateurs d'un nouveau message que les dépositaires de la parole de Dieu sont manifestés aux peuples de la terre. [...]

Il y a deux façons de considérer les manifestations de Dieu. La première consiste à envisager leur condition abstraite, pure, la condition de l'unité incomparable. [...] Car tous et chacun enjoignent aux hommes de reconnaître l'unité de Dieu et leur annoncent le Kawthar d'une grâce et d'une bonté infinies. Ils sont tous revêtus de la robe de prophétie et parés du manteau de gloire. C'est ainsi que Muhammad, le Point du Qur'án, a révélé : " Je suis tous les prophètes. " Et de même : " Je suis le premier Adam, Noé, Moïse, et Jésus. " [...]

Il t'est ainsi rendu clair que tous les prophètes sont les temples de la cause de Dieu apparus sous des aspects différents. Si tu observes avec discernement, tu reconnaîtras qu'ils habitent tous le même tabernacle, qu'ils planent dans le même ciel, qu'ils siègent sur le même trône, qu'ils parlent le même langage et proclament la même foi. Telle est l'unité de ces essences de l'existence, de ces astres d'infinie et incommensurable splendeur! En conséquence, si quelqu'une de ces manifestations du sainteté proclame, " Je suis le retour de tous les prophètes ", elle dirait sans aucun doute la vérité. De même, dans chaque révélation qui suit, le retour de la révélation précédente est un fait dont la vérité est fermement établie...

L'autre aspect du prophète est celui de sa condition particulière. Il appartient au monde de la création et de ce fait, est soumis à des limites. À cet égard, chaque manifestation de Dieu a une individualité distincte, une mission définie avec précision, une révélation spécialement prédestinée et des limites qui lui sont propres. Chacune d'elles est désignée d'un nom différent et caractérisée par un attribut spécial. Chacune d'elles remplit une mission définie et a la charge d'une révélation particulière. Ainsi qu'Il l'a dit : " Nous avons voulu que, parmi les apôtres, certains soient plus éminents que d'autres. À quelques-uns, Dieu a parlé. Il en a exalté d'autres. Et à Jésus, fils de Marie, Nous avons donné des signes manifestes, et Nous l'avons fortifié du Saint-Esprit."

C'est à cause de cette différence de rang et de mission que les paroles qui coulent de ces sources de science divine semblent diverger et différer. [...]

À les considérer sous leur second aspect, - celui de la distinction, de la différenciation, des limites temporelles, des caractéristiques particulières et des degrés divers - on voit qu'elles manifestent une absolue servitude, un entier dénuement et un complet effacement de soi. Ainsi qu'il l'a dit : " Je suis le serviteur de Dieu. Je ne suis qu'un homme comme vous. "

Si quelqu'une de ces manifestations de Dieu embrassant toutes choses venait à déclarer : " Je suis Dieu ", elle dirait sans aucun doute la vérité. Car il a été démontré à plusieurs reprises que, par leur révélation, leurs attributs et leurs noms, c'est la révélation même de Dieu, ses noms et ses attributs qui sont manifestés au monde. [...] Ils sont tous la manifestation du " Commencement " et de la " Fin ", du " Premier " et du " Dernier ", du " Visible " et de "l' Invisible " - tous attributs qui appartiennent à Celui qui est le plus profond Esprit des esprits et l'éternelle Essence des essences. Et s'ils disaient : " Nous sommes les serviteurs de Dieu ", ils énonceraient encore un fait manifeste et indiscutable. Car c'est dans l'état de la plus absolue servitude qu'ils ont été manifestés, une servitude qu'aucun homme ne peut atteindre.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XXII, p. 35-38

 

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 Pourquoi est-ce qu'il y a eu plusieurs Manifestations de Dieu au cours de l'histoire?

1. Il est donc clair et évident que la religion de Dieu ne subsiste pas dans ses principes originels au milieu des peuples, et qu'en se répandant elle change et se modifie jusqu'à ce qu'elle soit entièrement détruite et anéantie. Alors une nouvelle manifestation paraît, et une religion nouvelle est fondée. Si la première ne se modifiait pas et ne changeait pas, le besoin d'une seconde ne se ferait pas sentir. Au commencement, cet arbre était dans toute sa beauté, il était plein de fleurs et de fruits; mais en devenant vieux et ancien, il est devenu tout à fait stérile, il se dessèche et pourrit. C'est pour cela que le Jardinier de Vérité plante à nouveau un arbrisseau incomparable, de la même race et de la même famille que le vieil arbre, et le jeunes arbre croît et se développe de jour en jour, répand une ombre étendue dans le jardin divin et donne des fruits excellents.

De même les religions, dans la suite des jours, s'écartent de leurs principes fondamentaux ; la vérité de la religion de Dieu disparaît complètement, l'esprit en est perdu ; les hérésies font leur apparition et c'est un corps sans âme. Voilà pourquoi elles changent.

- 'Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 171-172

2. L'omniscient Médicin tient sous son doigt le pouls de l'humanité. Il diagnostique la maladie et, en son infaillible sagesse, il prescrit le remède. Tout âge a son problème propre, toute âme son aspiration particulière. Le remède qui convient aux afflictions du présent jour ne saurait être celui que réclameront les maux d'un âge ultérieur. Enquérez-vous soigneusement des besoins de l'âge où vous vivez et que toutes vos délibérations portent sur ce que cet âge exige et requiert.

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, CVI, p. 140

3. Il y a eu ainsi bien des saintes manifestations de Dieu. Il y a mille ans, deux cent mille ans, un million d'années, la bonté de Dieu s'écoulait, la splendeur de Dieu brillait, la souveraineté de Dieu existait. [...] Les saintes manifestations de Dieu viennent dans le monde pour dissiper l'obscurité de la nature animale ou physique de l'homme, pour le purifier de ses imperfections, afin que sa nature divine et spirituelle soit revivifiée, ses qualités divine éveillées, ses perfections rendues visibles, ses pouvoirs potentiels révélés, et que toutes les vertus du monde de l'humanité, latentes en lui, prennent vie. Ces saintes manifestations de Dieu sont les éducateurs et les instructeurs du monde de l'existence, les maîtres du monde de l'humanité. Elles libèrent l'homme de l'obscurité de monde de la nature, le délivrent du désespoir, de l'erreur, de l'ignorance, des imperfections et de toutes les dispositions mauvaises. Elles le couvrent du vêtement des perfections et des vertus sublimes. Les hommes sont ignorants ; les manifestations de Dieu les rendent sages. Ils sont comme les animaux; les manifestations les rendent humains. Ils sont sauvages et cruels ; les manifestations les conduisent dans les royaumes de lumière et d'amour.

- 'Abdu'l-Bahá, Les bases de l'unité du monde, p. 149-152

4. Ô peuple! Je jure par le seul vrai Dieu! Voici l'Océan d'où procèdent toutes mers et auquel toutes mers seront finalement réunies. De Lui, tous les soleils furent engendrés, et à Lui tous retourneront. Par sa puissance, les arbres de la révélation divine ont donné leurs fruits, dont chacun a été envoyé en la personne d'un prophète, porteur d'un message aux créatures de Dieu, dans chacun des innombrables mondes qu'en son universelle science, Dieu seul est capable de compter. - Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, LI, p. 69 5. Gardez-vous, ô croyants en l'unité de Dieu, de distinguer entre les manifestations de sa cause, de faire à leur sujet quelque discrimination qui aille à l'encontre des signes dont s'est accompagnée leur révélation. Là est, en vérité, la vraie signification de l'unité divine, si vous êtes de ceux qui peuvent comprendre cette vérité et y croire. De plus, soyez assurés que les oeuvres et les actes de ces manifestations de Dieu, et même quoi qu'il appartienne en propre à chacune et quoi qu'elles puissent manifester de particulier à l'avenir, sont toutes d'ordre divin et reflètent toutes la volonté et le dessein de Dieu. Il a , en vérité, refusé de croire en Dieu, répudié ses signes et trahi la cause de ses messagers, celui qui fait la plus légère différence entre les personnes, les paroles, les actes et les façons d'agir des manifestations du Tout-Puissant!

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XXIV, p. 41

 

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 Pourquoi les Manifestations de Dieu ont-elles accepté de souffrir ?

1. Voyez à quel point l'amour de Dieu se manifeste. Parmi les signes de son amour qui apparaissent dans le monde se trouve l'orient de ses manifestations. Quel degré infini d'amour envers l'humanité est reflété par les manifestations divines! En vue de guider les hommes elles ont volontairement sacrifié leur vie pour ressusciter les coeurs humains. [...] Pour permettre aux âmes humaines de parvenir au degré d'avancement suprême, elles ont subi des épreuves et des difficultés extrêmes durant leur courte vie. Si Sa Sainteté Jésus-Christ n'avait pas été rempli d'amour pour le monde de l'humanité il n'aurait certainement pas accepté la croix. Il a été crucifié pour l'amour de l'humanité. Voyez le degré infini de cet amour. Sans son amour pour l'humanité, Jean le Baptiste n'aurait pas offert sa vie. Il en a été de même avec tous les prophètes et toutes les âmes saintes. Si Sa Sainteté le Báb n'avait pas manifesté d'amour pour l'humanité, il n'aurait certainement pas offert sa poitrine à un millier de balles. Si Sa Sainteté Bahá'u'lláh n'avait pas été enflammé d'amour pour l'humanité, il n'aurait pas volontairement accepté quarante ans d'emprisonnement. [...] Si ce n'était l'amour de Dieu, les livres saints n'auraient pas été révélés.

Si ce n'était l'amour de Dieu, les prophètes divins n'auraient pas été envoyés au monde. La base de tous ces dons est l'amour de Dieu. Dans le monde humain il n'y a donc de plus grand pouvoir que l'amour de Dieu.

- 'Abdu'l-Bahá, Les bases de l'unité du monde, p. 123-124

2. Ô Plume Sublime, dans le royaume éternel, nous avons entendu Ton plus mélodieux appel :

Prête l'oreille à que dit la Langue de Grandeur, Ô Opprimé des mondes !

Si ce n'était le froid, comment pourrait prévaloir la chaleur de Tes paroles, ô Exégète des mondes ? Si ce n'était la calamité, comment pourrait briller le soleil de Ta patience, ô Lumière des mondes ?

Ne te lamente pas à cause des méchants. Tu as été créé pour endurer avec résignation, ô Patience des mondes ! Combien douce fut Ton apparition à l'horizon du Covenant, parmi les faiseurs de sédition. Combien douce fut Ton aspiration vers Dieu, ô Amour des mondes.

Par Toi la bannière de l'indépendance fut plantée sur les plus hauts sommets, et l'océan de générosité s'enfla, ô Extase des mondes.

Par Ton unicité le Soleil de l'Unité brilla, et par ton bannissement la terre de l'Unité fut ornée. Sois patient, ô Toi, Exilé des mondes.

Nous avons fait de l'avilissement le vêtement de gloire, et de l'affliction l'ornement de Ton temple, ô Orgueil des mondes. Tu vois, les coeurs sont remplis de haine, et il T'appartient de fermer les yeux, ô Toi qui caches les péchés des mondes.

Quand les épées jaillissent, avance! Quand les flèches volent, élance-toi! Ô Toi, Sacrifice des mondes.

Verses-tu des larmes, ou dois-je en verser? Je devrais plutôt pleurer de petit nombre de Tes champions, Ô Toi qui as causé les lamentations des mondes.

- Bahá'u'lláh, extrait du Tablette du Feu (Bruxelles : Maison d'Edition Baha'íe, 1982)

Question supplémentaire : Pourriez-vous pensez à des passages de la Bible, du Qur'an ou d'autres livres saints qui s'approche du concept bahá'í ? Comment expliquerez-vous le/s passages qui semblent être contradictoire ? Par exemple, le Christ a dit, " Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n'est par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. ". (Jean 14:6)

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Les figures centrales: le Báb

Session six

Qui est le Báb? Trouvez des phrases descriptives dans les passages suivants. Qui sont les " Lettres du Vivant " ? Comment ont-ils découvert le Promis ?

1. Le 23 mai 1844 marque le commencement de la période la plus tumultueuse de l'âge héroïque de l'ère bahá'í, âge qui voit s'ouvrir la plus glorieuse époque du plus grand cycle dont l'histoire spirituelle de l'humanité ait, jusqu'à présent, été le témoin. Il n'a pas fallu plus de neuf courtes années pour couvrir cette période du premier siècle bahá'í, la plus spectaculaire, la plus tragique et la plus mouvementée. [...]

Les héros dont les actes illuminent le récit de ce farouche combat spirituel, impliquant à la fois le peuple, le clergé, le monarque et le gouvernement, furent les disciples choisis du Báb, les Lettres du Vivant et leurs compagnons, qui ont frayé le chemin de l'ère nouvelle. Ils opposèrent à tant d'intrigues, d'ignorance, de dépravation, de cruauté, de superstition et de lâcheté, un esprit élevé et indomptable [...]

La scène d'ouverture du premier acte de ce grand drame se déroula à Shíráz [en Perse, maintenant l'Irán], au premier étage de la modeste demeure du fils d'un drapier, située dans un quartier pauvre. Elle eut lieu à l'heure précédent le coucher du soleil, le vingt-deux mai mil huit cent quarante-quatre. Les personnages qui y prirent part sont : le Báb, un siyyid de pure et sainte lignée, âgé de vingt-cinq ans et le jeune Mullá Husayn qui, le premier, crut en lui. Leur rencontre, qui précéda immédiatement cet entretien, a semblé purement accidentelle. L'entrevue elle-même se prolongea jusqu'à l'aube. [...]

" Je restai assis, retenu par le charme de sa parole, oublieux du temps et de ceux qui m'attendaient ", a-t-il témoigné après avoir décrit la nature des questions posées à son hôte et les réponses décisives qu'il en avait reçues, réponses qui avaient établi, sans l'ombre d'un doute, la validité de sa prétention à être la Qá'im promis.[...]

" Cette révélation ", a encore témoigné Mullá Husayn, " s'imposant à moi si soudainement et avec une telle impétuosité, me fit l'effet d'un coup de foudre qui, pendant un moment, sembla obnublier mes facultés. Je fus aveuglé par sa splendeur éblouissante, et assommé par son écrasante puissance. Excitation, joie, crainte et étonnement agitèrent le tréfonds de mon âme. Au milieu de ces émotions prédominait une impression de bonheur et de force qui semblait m'avoir transfiguré. Que j'avais donc été faible et impuissant par le passé ; à quel point je m'étais montré abattu et craintif ! Je ne pouvais alors ni écrire, ni marcher, tant mes mains et mes jambes tremblaient. Maintenant, par contre, la connaissance de sa révélation avait galvanisé mon être. Je me sentais possédé d'un tel courage et d'une telle puissance que si le monde, avec tous ses peuples et ses potentats, s'était ligué contre moi, j'aurais résisté tout seul avec intrépidité à leur assaut. L'univers ne me paraissait plus qu'une poignée de poussière dans la main. Je semblais être la voix de Gabriel personnifié, lançant un appel à l'humanité entière : " Éveillez-vous, car voici que la lumière du matin a paru. Levez-vous, car sa cause est rendue manifeste. Les portiques de sa grâce sont grands ouverts ; franchissez-les, ô peuples du monde! Car celui qui est votre Promis est arrivé! " [...]

Avec cette déclaration historique [du Báb], l'aube d'un âge qui indiquait la consommation de tous les âges s'était levée. [...] Cependant, ce fut seulement quarante jours plus tard que l'enrôlement des dix-sept autres Lettres du Vivant commença. Peu à peu, les uns en état de veille, d'autres dans leur sommeil, quelques-uns par le jeûne et par la prière, d'autres au cours de rêves et de visions, ils découvrirent spontanément l'objet de leurs recherches et furent enrôlés sous la bannière de la foi nouvellement née.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. I, p. 3 - 7

Note: À la fin du dix-huitième siécle et au début du dix-neuvième, des musulmans, se basant sur les prophéties du Qur'an, ont commencé à se préparer pour l'avénement du Promis - le Qa'im - qui devait amener la paix pour toute l'humanité. Des chrétiens, se référant à la Bible, attendaient eux aussi le Promis - le retour du Christ - qui devait amener la paix universelle. La date prévue par les deux groupes se situait dans les années 1843-1844. Pour plus des renseignements sur les événments qui précédaient la déclaration du Báb, voir La Chronique de Nabil, Le Báb de H.M. Balyuzi et, particulièrement concernant les prophecies, Voleur dans la Nuit de William Sears.

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D'après les propos du Báb lui-même, quelle est la signification de " la résurrection " et quel est le rôle qu'Il était destiné a joué ?

1. La substance avec laquelle Dieu m'a créé n'est pas l'argile dont Il a modelé les autres. Il m'a accordé ce que la sagesse humaine ne pourra jamais saisir, ni le croyant découvrir... Je suis l'un des piliers qui soutiennent le premier Verbe de Dieu. [...] Je suis le premier Point à partir duquel toute créature a été engendrée. Je suis le visage de Dieu dont le rayonnement ne peut s'affaiblir. [...] Dieu m'en rend témoignage, je n'étais pas un homme de sciences, car j'ai été éduqué comme un marchand. En l'an 60* Dieu infusa dans mon âme les preuves évidentes et le puissant savoir qui sont la marque de celui qui est le Témoignage de Dieu...

- Le Báb, Sélections des Écrits du Báb, p. 10-11

Note: Pour plus des renseignements sur la nature des Manifestations divines et la différence entre leurs conditions humain et spirituelle, voir chapitres 38 et 39 de Les léçons de Saint-Jean d'Acre par 'Abdu'l-Bahá.

2. Ô peuples de la terre! Par la justice de Dieu, ce Livre a, par la force de la Vérité souveraine, imprégné la terre et les cieux de la puissante parole divine concernant celui qui est le suprême Témoignage, le Qá'im attendu et, en vérité, Dieu connaît toutes choses. Ce Livre divinement inspiré a fermement établi sa preuve pour tous les habitants de l'Orient et de l'Occident ...

- Le Báb, Sélections des Écrits du Báb,(Qayyúmu'l-Asmá LIX) p.54

3. Sortez de vos cités, ô peuples de l'Ouest, et aidez Dieu avant le jour où le Seigneur de miséricorde descendra vers vous à l'ombre des nuages, avec les anges évoluant autour de Lui* , exaltant sa louange et cherchant le pardon pour ceux qui ont vraiment cru en Nos signes. En vérité, son décret a été promulgué et la commandement de Dieu, tel qu'il est donné dans le Livre-Mère, a vraiment été révélé... Devenez comme de véritables frères dans la religion de Dieu, une et indivisible, exempte de distinctions, car Dieu, en vérité, désire que votre coeur devienne un miroir pour vos frères dans la foi, afin que vous vous réfléchissiez en eux et eux en vous. Ceci est le vrai chemin de Dieu, le Tout-Puissant et, en vérité, Il est attentif à vos actions.

- Le Báb, Sélections des Écrits du Báb, (Qayyúmu'l-Asmá XLVI), p. 50

4. Ô mes serviteurs! Voici le jour fixé par Dieu que le Seigneur miséricordieux vous a promis dans son Livre; ainsi donc, en vérité, glorifiez abondamment le nom de Dieu en foulant le chemin du plus grand Souvenir [le Báb]...

- Le Báb, Sélections des Écrits du Báb, (Qayyúmu'l-Asmá LXXXVII), p. 65

5. Dis: Voyez! En vérité, la lune s'est évanouie ; en vérité, la nuit s'est retirée ; en vérité, l'aurore s'est levée ; en vérité, le commandement de Dieu, votre véritable Seigneur, a été accompli...

- Le Báb, Sélections des Écrits du Báb, (Qayyúmu'l-Asmá LVIII) p.53

6. Tous les hommes proviennent de Dieu et tous, ils retourneront à Lui. Ils apparaîtront tous devant Lui pour être jugés. Il est le Seigneur du jour de la résurrection, de la régénération et de l'expiation et sa parole révélée est la balance. La véritable mort est réalisée lorsqu'une personne meurt à elle-même au moment de sa révélation de telle sorte qu'elle ne cherche rien d'autre que Lui. La véritable résurrection hors des tombeaux signifie être vivifié conformément à sa volonté, par le pouvoir de sa parole. Le paradis consiste à atteindre son bon plaisir et le feu éternel de l'enfer est sa sentence prononcée en justice. Le jour où Il se révèle est le jour de la résurrection qui durera aussi longtemps qu'Il l'ordonnera. Toute chose Lui appartient et elle est façonnée par Lui. Tout autre que Lui est sa créature.

- Le Báb, Sélections des Écrits du Báb, p. 145

7. Dis: Ô peuples du monde ! Allez-vous discuter avec moi au sujet de Dieu à cause des noms que vous et vos pères avez adoptés pour Lui, poussés par le démon* ? Dieu m'a envoyé ce Livre, en toute vérité, afin que vous soyiez capables de reconnaître les vrais noms de Dieu, puisque vous vous êtes égarés dans l'erreur, loin de la Vérité.

- Le Báb, Sélections des Écrits du Báb, (Qayyúmu'l-Asmá LXVIII) p.58-59

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Quels ont été les événements majeurs de l'" âge héroique " (1844-1853) de la foi bahá'íe ?

 

1. Les gouverneurs, magistrats et autres fonctionnaires de toutes les provinces, incités par la monstrueuse compagne de dénigrements menée par le clergé, et poussés par leur soif de récompenses pécuniaires, rivalisèrent les uns avec les autres, dans leurs domaines respectifs, pour traquer et couvrir d'approbre les adeptes d'une foi proscrite. [...] Le gouvernement, le clergé et le peuple se levèrent comme un seul homme pour attaquer et exterminer leur ennemi commun.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, chapitre III, p. 37

Note: Vingt mille adeptes de la nouvelle foi ont été martyrisé pendant les premières années de son existence.

2. Le but avoué de cette convocation [à Tabríz]était d'inculper le prisonnier et de délibérer sur les mesures à prendre pour l'arracher à sa soi-disant hérésie. Au lieu de cela, elle lui procura la suprême occasion de sa mission, celle d'affirmer en public, formellement et sans réserve aucune, les revendications inhérentes à sa révélation. À la résidence officielle, [...] le Báb [...] donna, d'une voix vibrante, sa célèbre réponse aux questions que lui posa le président de cette assemblée. " Je suis ", s'écria-t-il, " je suis, je suis le Promis! Je suis celui dont vous invoquez le nom depuis mille ans, celui dont la mention vous a fait lever, dont vous avez ardemment désiré l'avènement, priant Dieu d'avancer l'heure de sa révélation. En vérité je dis : Il appartient aux peuples de l'Orient et de l'Occident d'obéir à ma parole et de promettre fidélité à ma personne." [...]

Déjà à Shíráz, au début de son ministère, il avait révélé sous le titre de Qayyúmu'l-Asmá', le célèbre commentaire sur la súrih de Joseph, caractérisé par Bahá'u'lláh comme " le premier, le plus grand et le plus puissant de tous les livres " de la dispensation bábí, et dont l'objet fondamental était de prévoir ce que le Joseph véritable (Bahá'u'lláh) souffrirait dans la dispensation suivante, par le fait de celui qui fut à la fois son pire ennemi et son frère de même sang. [...]

C'est ce livre que les Bábís ont universellement considéré, pendant la presque totalité du ministère du Báb, comme le Qur'án du peuple du Bayán, livre dont le premier chapitre - le plus stimulant - fut révélé en présence de Mullá Husayn au cours de la nuit où son auteur se déclara, dont certaines pages furent apportées par ce même disciple à Bahá'u'lláh, en tant que premiers fruits d'une révélation qui reçut immédiatement son adhésion enthousiaste, livre entièrement traduit en persan par la brillante et talentueuse Táhirih, dont certains passages excitérent l'hostilité de Husayn Khán, précipitant le premier déchaînement des persécutions à Shíráz, livre enfin dont une seule page avait ravi l'imagination et transporté l'âme de Hujjat, et dont le contenu avait embrasé les intrépides défenseurs du fort de Shaykh-Tabarsi et les héros de Nayríz et de Zanján.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, chapitre II, p. 20-23

Note: Pour plus des renseignements, voir chapitre III of Dieu passe près de nous,"Soulèvements de Mázindarán, Nayríz et Zanján", p. 33 - 45

3. Cette vie au déclin rapide, si remplie d'inquiétudes, de déceptions, de trahisons et de chagrins dus à son ministère tragique, approchait maintenant à grands pas de son terme. La période la plus tumultueuse de l'âge héroïque de la nouvelle dispensation parviendrait bientôt à son apogée. Le calice d'amertume auquel le héraut de cette dispensation avait goûté était prêt à déborder. À vrai dire, il avait déjà pressenti sa fin prochaine. Dans le Kitáb-i-Panj-Sha'n, l'une de ses dernières oeuvres, il avait fait allusion au fait que le sixième Naw-Rúz [Nouvel An] après la déclaration de sa mission serait le dernier qu'il était destiné à célébrer sur terre. [...] Quarante jours avant son départ définitif de Chihríq, il avait même rassemblé tous les documents en sa possession et les avait remis, ainsi que son plumier, ses sceaux et ses bagues entre les mains de Mullá Báqir, une Lettre du Vivant, le chargeant de les confier à Mullá 'Abdu'l-Karím-i-Qazvíní, surnommé Mírzá Ahmad, qui devait les remettre à Bahá'u'lláh à Tihrán.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, chapitre IV, p. 50-51

4. Le farrásh-báshí avait brusquement interrompu la dernière conversation confidentielle que le Báb poursuivait avec son secrétaire Siyyid Husayn dans une salle de la caserne et, écartant ce dernier, il le tançait vertement quand le prisonnier s'adressa à lui en ces termes ; " Tant que je ne lui aurai pas dit tout ce que je désire, aucune puissance terrestre ne pourra me réduire au silence. Le monde entier serait-il armé contre moi qu'il serait encore impuissant à m'empêcher d'aller jusqu'au bout de mon dessein. " Au chrétien Sám Khán - colonel du régiment arménien chargé de procéder à l'exécution - qui, saisi de crainte à l'idée de provoquer la colère de Dieu par son acte, suppliait qu'on le libérât de cette tâche imposée, le Báb donne cette assurance : " Suivez les instructions reçues, et si vos intentions sont pures, le Tout-Puissant pourra certainement vous délivrer de votre angoisse. "

Sám Khán se prépara donc à accomplir son devoir. Une point fut enfoncée dans l'une des poutres qui, sur la cour, séparait deux salles de la caserne. On y fixa deux cordes auxquelles on suspendit, séparément le Báb et l'un de ses disciples, le jeune et fervent Mírzá Muhammad-'Alí-i-Zunúzí surnommé Anís qui, auparavant, s'était jeté aux pieds de son maître, le suppliant de n'être séparé de lui en aucun cas. Le peloton d'exécution s'aligna sur trois rangs comprenant chacun deux cent cinquant hommes. Chaque rang, tour à tour, ouvrit le feu jusqu'à ce que tout le détachement ait déchargé ses balles. La fumée qui s'échappa des sept cent cinquante fusils était si épaisse que le ciel en fut obscurci. Dès qu'elle se fut dissipée, la multitude d'environ dix mille âmes, massées, sur le toit de la caserne ainsi qu'au faîte des maisons voisines, furent les témoins abasourdis d'une scène à laquelle leurs yeux pouvaient à peine croire.

Le Báb avait disparu de leur vue. Seul demeurait son compagnon, vivant et indemne, se tenant près du mur contre lequel tous deux avaient été suspendus. Les cordes qui les avaient attachés étaient seules coupées. " Le Siyyid-i-Báb a disparu ", s'écrièrent les spectateurs effarés. Des recherches affolées s'ensuivirent immédiatement. On le retrouva sain et sauf, très calme, dans la pièce même qu'il occupait la nuit précédente, en train de terminer avec son secrétaire sa conversation interrompue. " J'ai fini mon entretien avec Siyyid Husayn " furent les paroles avec lesquelles le prisonnier, si providentiellement préservé, accueillit l'apparition du farrásh-báshí. " Maintenant, vous pouvez accomplir votre mission. " Se rappelant l'affirmation audacieuse faite précédemment par son prisonnier, et ébranlé par une révélation aussi stupéfiante, le farrásh-báshí quitta immédiatement la place et donna sa démission.

Sám Khán, se remémorant également, avec un sentiment de crainte et d'émerveillement, les paroles rassurantes que le Báb lui avait adressées, ordonna à ses hommes de quitter instantanément la caserne et jura, en sortant de la cour, de ne jamais recommencer cet acte, fut-ce au péril de sa vie. Aqá Ján-i-Khamsih, colonel du corps de garde, s'offrit pour le remplacer. Contre le même mur et de la même façon, on suspendit de nouveau le Báb et son compagnon, tandis qu'un autre régiment se mettait en ligne, puis ouvrait le feu sur eux. Alors, cette fois, leurs poitrines furent criblées de balles et leurs corps entièrement abîmés. " O génération entêtée! " disait le Báb, adressant ses dernières paroles à la foule qui le regardait pendant que le régiment se préparait à tirer, " si vous aviez cru en moi, chacun de vous aurait suivi l'exemple de ce jeune homme dont le rang est supérieur à celui de la plupart d'entre vous, et se serait sacrifié volontairement sur ma route. Le jour viendra où vous me reconnaîtrez ; ce jour-là, j'aurai cessé d'être avec vous. "

Ce ne fut pas tout. Au moment même où les coups furent tirés, un ouragan d'une violence exceptionnelle s'éleva et balaya la ville. Depuis midi jusqu'au soir, un tourbillon de poussière obscurcit la lumière du soleil et aveugla les gens. À Shíráz, en 1868 A.H., se produisit un tremblement de terre - prédit dans un livre aussi important que l'Apocalypse de saint Jean - qui jeta le trouble dans toute la ville et fit des ravages parmi ses habitants, ravages fortement aggravés par l'apparition du choléra, de la famine et autres afflictions. Au cours de la même année, au moins deux cent cinquante hommes appartenant au peloton d'exécution qui avait remplacé le régiment de Sám Khán trouvérent la mort, ainsi que leurs officiers, dans un terrible tremblement de terre, tandis que trois ans plus tard, les cinq cents autres subissaient, comme châtiment à leur mutinerie, le sort même que leurs mains avaient infligé au Báb.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, chapitre IV, p. 50-51

Note: L'exécution du Báb a eu lieu le 9 juillet 1850, dans sa trente et unième année, la septième de son ministère. Shoghi Effendi a écrit dans Dieu passe près de nous, (chapitre IV, p. 52-53), " Un événement aussi important ne pouvait manquer d'éveiller un vif et large intérêt, même au-delà des frontières du pays où il s'était produit. [...] Dans des pays aussi lointains que ceux de l'Europe occidentale, un intérêt non moins profond se fit jour, intérêt qui s'étendit très rapidement aux milieux littéraires, artistiques, diplomatiques et intellectuels. "Toute l'Europe", attest [un journaliste français bien connu] "fut émue de pitié et d'indignation... Parmi les littérateurs de ma génération, dans le Paris de 1890, le martyre du Báb était encore un sujet d'actualité comme l'avait été la première nouvelle de sa mort."

5. Il ne serait certes pas exagéré de dire que, dans l'ensemble de la littérature religieuse du monde, excepté dans les Evangiles, on ne trouve nulle part de document relatif à la mort de l'un des fondateurs de religion du passé qui soit comparable au martyre subi par le prophète de Shíráz. Un phénomène si étrange, si inexplicable, attesté par des témoins oculaires, confirmé par des hommes d'honorabilité établie, et reconnu tant par les historiens privés que par ceux du gouvernement d'un peuple qui avait voué une animosité sans merci à la foi bahá'í, un tel phénomène peut vraiment passer pour la plus merveilleuse manifestation des possibilités uniques dont cette dispensation, annoncée par toues les dispensations antérieures, a été dotée. Seuls, la passion de Jésus-Christ, et même tout son ministère public, peuvent être mis en parallèle avec la mission et la mort du Báb, parallèle qu'aucun étudiant en religions comparées ne peut manquer d'apercevoir ou de reconnaître. [...] Celui qui, selon les paroles d'Abdu'l-Bahá, fut le " Matin de la vérité ", " Annonciateur de la plus grande Lumière ", dont l'avènement marqua la fin immédiate du " cycle prophétique " et le commencement du " cycle d'accomplissement ", avait, par sa révélation, simultanément dispersé les ombres de la nuit descendues sur son pays, et annoncé l'ascension imminente de cet astre incomparable dont le rayonnement était appelé à envelopper l'humanité tout entière.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, chapitre IV, p. 53-55

Note: Les parallèles entre la vie de Jésus-Christ et la vie du Báb sont énumérés dans Dieu passe près de nous, p. 54.

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Quel était le " double rang " du Báb ?

1. Il est indubitable que la revendication du double rang prescrit pour le Báb par le Tout-Puissant - une revendication que le Báb lui-même a si hardiment avancée, que Bahá'u'lláh a affirmée à plusieurs reprises, et à laquelle le Testament d'Abdu'l-Bahá a finalement donné la sanction de son témoignage - constitue le trait le plus distinctif de la dispensation bahá'íe. Elle constitue une preuve de plus de son caractère unique, une formidable voie d'accès à la force, au pouvoir mystérieux et à l'autorité dont ce cycle sacré a été investi. En effet, la grandeur du Báb ne réside pas essentiellement dans le fait d'avoir été le précurseur divinement choisi d'une révélation aussi transcendante, mais plutôt en ceci qu'il a été investi des pouvoirs propres à l'initiateur d'une ère religieuse distincte, et qu'il a brandi, à un degré qui n'a pas eu d'égal parmi les messagers venus avant lui, le sceptre du prophète indépendant. La courte durée de sa dispensation, le champ restreint dans lequel ses lois et ses ordonnances ont opéré ne constituent en aucune manière un critère qui permette de juger de son origine divine et d'évaluer la puissance de son message. Bahá'u'lláh lui-même explique : Qu'un laps de temps si court ait séparé cette très grande et merveilleuse révélation de ma propre manifestation antérieure* est un secret qu'aucun homme ne peut expliquer, et une mystère qu'aucune intelligence ne peut pénétrer. Sa durée avait été préordonnée [...] Les événements merveilleux qui annoncèrent l'avènement du fondateur de la dispensation bábíe, les circonstances dramatiques de sa propre vie mouvementée, la tragédie de son martyre qui fut marqué par l'intervention de la puissance divine, le caractère magique de l'influence qu'il exerça sur les plus éminents et les plus puissants de ses compatriotes, toutes choses dont chaque chapitre de l'émouvante Chronique de Nabíl porte témoignage, devraient être tenues en elles-mêmes pour des preuves suffisantes de la validité de sa revendication d'un rang aussi élevé parmi les prophètes.

- Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, p. 116-117

Note: Pour plus des renseignement sur le retour des Manifestations de Dieu, voir Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, chapitre 33. La point de vue bahá'íe sur la réincarnation, une question à part, se trouve aussi dans ce livre au chapitre 81.

2. Le germe, affirme le Báb dans le Bayán persan, qui détient en lui-même les potentialités de la révélation à venir, est doté d'un pouvoir supérieur aux forces combinées de tous ceux qui me suivent. De tous les hommages, affirme-t-il encore, que j'ai rendus à celui qui doit venir après moi, en voici le plus grand : mon aveu écrit qu'aucune de mes paroles ne peut le décrire adéquatement, et qu'aucune référence à lui dans mon livre, le Bayán, ne peut rendre justice à sa cause.[...] Aujourd'hui, le Bayán est à l'état de semence; au début de la manifestation de " celui que Dieu rendra manifeste ", sa perfection finale deviendra apparente [...] Par la droiture de celui dont le pouvoir fait germer la graine et qui insuffle en toutes chosees l'esprit de vie, si je devais être assuré qu'au jour de sa manifestation tu le renierais, je te désavouerais sans hésitation et je répudierais ta foi... Si, d'autre part, on me disait qu'un chrétien qui n'a pas juré fidélité à ma foi croira en lui, celui-là je le considérerais comme la prunelle de mes yeux.

- Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, p. 94-95

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Les figures centrales : Bahá'u'lláh

Session sept

 Qui est Bahá'u'lláh ? Quelles étaient les similitudes entre les circonstances de la révélation de Bahá'u'lláh et celles de la révélation des autres Manifestations de Dieu ?

1. La Perfection Bénie, Bahá'u'lláh, faisait partie de la famille royale iranienne. Depuis sa plus tendre enfance, il se distingua parmi ses parents et amis. " Cet enfant possède un pouvoir hors du commun, " disaient-ils. Pour la sagesse, l'intelligence et en tant que source de connaissances nouvelles, il avait de l'avance sur son âge et il dépassait son milieu. Tous ceux qui le connaissaient s'étonnèrent de sa précocité. Ils avaient coutume de dire, " Pareil enfant ne vivra guère, " car la croyance populaire veut que les enfants précoces ne vivent pas jusqu'à l'âge adulte. Pendant sa jeunesse la Perfection Bénie n'alla pas à l'école [...] Il fut néanmoins capable de résoudre les problèmes difficiles de tous ceux qui vinrent auprès de lui. Quelle que fût la réunion, assemblée scientifique, ou discussion théologique dans laquelle il se trouva, il fit autorité pour expliquer les questions les plus complexes et absconses qu'on lui posa [...].

Il était de la plus grande générosité, et donnait en abondance aux pauvres. Aucun de ceux qui vinrent auprès de lui ne fut refusé. Les portes de sa maison furent ouvertes pour tous. Il y avait toujours chez lui de nombreux convives. Une telle générosité sans borne produisit un étonnement d'autant plus grand qu'il ne recherchait ni poste ni rang éminent. Ses amis opinèrent qu'il en deviendrait pauvre, puisque ses dépenses furent nombreuses et ses richesses de plus en plus contraintes. " Pourquoi ne se penche-t-il pas sur ses propres affaires ? " s'interrogèrent-ils. Cependant, d'autres qui avaient de la sagesse en dirent : " Cette personne a des liens avec un autre monde : il possède en lui quelque chose de sublime qui n'est point en évidence en ce moment ; le jour approche où cela sera manifeste. "

- 'Abdu'l-Bahá, Bahá'í World Faith, p. 220-221 [traduction provisoire]

2. Une révélation saluée comme la promesse et la gloire suprême des âges et des siècles passés, comme la consommation de toutes les dispensations du cycle d'Adam, qui inaugure une ère d'au moins mille ans et un cycle destiné à durer au moins cinq mille siècles, qui marque la fin de l'ère prophétique et le commencement de l'ère de l'accomplissement, révélation jamais surpassée, à la fois par la durée du ministère de son auteur et par la fécondité et la splendeur de sa mission, une telle révélation était née [...] dans l'obscurité d'un cachot souterrain de Tihrán, une répugnante fosse qui avait servi autrefois de réservoir d'eau pour l'un des bains publics de la ville. Enveloppé dans ses ténèbres stygiennes, respirant son air fétide, engourdi par son atmosphère humide et glacée, les pieds dans des ceps, le cou alourdi par une chaîne pesante, environné de criminels et de mécréants de la pire espèce, obsédé à la pensée de l'affreuse tache qui avait terni le bon renom de sa foi bien-aimée, réalisant avec douleur la détresse terrible qui s'était abattue sur ses défenseurs et les graves dangers encourus par le reste de ses fidèles, c'est à une heure aussi critique et en des circonstances aussi effroyables, que " l' Esprit suprême ", comme il le désigne lui-même - Esprit symbolisé dans les dispensations respectives de Zoroastre, de Moïse, du Christ et de Muhammad par le feu sacré, le buisson ardent, la colombe et l'ange Gabriel - , descendit sur Bahá'u'lláh et se révéla à son âme agonisante sous la forme d'une " créature virginale ".

" Une nuit, en rêve ", écrit-il lui-même, se remémorant, au soir de sa vie, les premiers tressaillements de la révélation de Dieu en son âme, " ces paroles exaltantes se firent entendre de tous côtés: "En vérité, Nous te rendrons victorieux par toi-même et par ta plume. Ne t'afflige pas à cause de ce qui t'est arrivé et ne sois pas effrayé, car tu es en sécurité. Bientôt, Dieu fera paraîtra les trésors de la terre: des hommes qui t'aideront par toi-même et par ton nom, avec lesquels Dieu a ranimé les coeurs de ceux qui l'ont reconnu.""

Dans sa Súratu'l-Haykal (la Suríh du Temple), Bahá'u'lláh décrit ainsi ces moments à vous couper le souffle où cet être virginal, symbolisant " l'Esprit suprême ", annonça sa mission à toute la création : " Tandis que je sombrais sous le poids des afflictions, j'entendis, au dessus de ma tête, une voix merveilleuse et infiniment douce qui m'appelait. Levant les yeux, j'aperçut une créature virginale - personnification du souvenir du nom de mon Seigneur - qui flottait dans l'espace, devant moi. Son âme tout entière était dans une telle joie que son expression resplendissait du bon plaisir de Dieu, et que son visage rayonnait de la clarté du très Miséricordieux. Entre ciel et terre, elle lançait un appel qui captivait le coeur et l'esprit des hommes. Elle me fit part, d'une façon à la fois objective et subjective, des nouvelles qui réjouirent mon âme et celle des serviteurs estimés de Dieu. Montrant ma tête du doigt, elle s'adressa à tous ceux qui sont au ciel et à tous ceux qui sont sur terre, en ces termes: "Au nom de Dieu, voici le Bien-Aimé des mondes et cependant vous ne le comprenez pas. Voici la Beauté de Dieu parmi vous, et la puissance de sa souveraineté en vous, si seulement vous pouviez le comprendre. Celui-ci est le mystère de Dieu et son trésor, la cause de Dieu et sa gloire pour tous ceux qui sont dans les royaumes de la révélation et de la création, si vous êtes de ceux qui le perçoivent." "

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. VI, p. 95-97

3. Pendant neuf ans, comme l'avait prédit le Báb lui-même, d'une manière rapide, mystérieuse et irrésistible, la foi embryonnaire qu'il avait conçue s'était développée, jusqu'à ce qu'à l'heure fixée, le fruit mûr de la cause promise par Dieu soit jeté dans les ténèbres et l'angoisse du Síyáh-Chál, à Tihrán.

[...] Saint Jean le divin avait, en se référant à ces deux révélations successives, prophétisé avec clarté: " Le second malheur est passé et voici, le troisième malheur vient bientôt."* " Ce troisième malheur, explique 'Abdu'l-Bahá, commentant ce verset, est le jour de la manifestation de Bahá'u'lláh, le jour de Dieu, et il est proche de celui de l'apparition du Báb. " " Tous les peuples du monde, affirme-t-il encore, attendent deux manifestions qui doivent être contemporaines; tous attendent la réalisation de cette promesse. " [...] Shaykh Ahmad-i-Ahsá'í, cette lumineuse étoile de la direction divine qui avait si clairement perçu, avant l'année soixante, la gloire imminente de Bahá'u'lláh, [...] avait insisté sur le fait que " les deux révélations jumelles devaient se suivre à un court intervalle ". Shaykh Ahmad avait, pour sa part, fait cette déclaration significative concernant l'heure imminente de cette révélation suprême, dans une épître écrite de sa propre main à Siyyid Kazím: " Le mystère de cette cause doit nécessairement être révélé, et le secret de ce message doit nécessairement être divulgué. Je ne puis en dire davantage. Je ne puis fixer de date. Sa cause sera publiquement connue après hín (68). "

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. VI, p. 88

Note: Shaykh Ahmad-i-Ahsá'í, un érudit musulman de Perse, avait commencé dans les années 1780 d'annoncer que le Promis, attendu de tous les musulmans, apparaîtra bientôt sur la terre; Siyyid Kazím, un élève de Shaykh Ahmad, a continué son oeuvre. Voir aussi Voleur dans la nuit de William Sears, 2e partie, chapitre 3, sur le thème de la " double manifestation " de Dieu.

4. Celui qui exprime à présent la parole de Dieu, affirme encore Bahá'u'lláh, n'est autre que le Premier Point, qui a été une nouvelle fois rendu manifeste. Il est, c'est ainsi qu'il parle de lui-même dans une tablette adressée à une des Lettres du Vivant, le même que celui qui apparut en l'an soixante (1260 A.H.). Ceci est, en vérité, un de ses signes grandioses.

- Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, p. 130

5. Cela ne vient pas de Moi, mais du Puissant, l'Omniscient! Il m'ordonna de lancer l'Appel entre la terre et le ciel, et c'est pour cela qu'il m'est arrivé ce qui noie de larmes les yeux de ceux qui savent! Je n'ai pas lu les livres des hommes, et je ne suis pas entré dans les écoles : informe-toi de la ville où j'étais, afin que tu t'assures que je ne suis pas de ceux qui mentent. Je ne suis qu'une feuille que font mouvoir les brises de la volonté de ton Seigneur, le Puissant, le Loué ! Peut-elle rester en place lorsque souffle le vent furieux? Non, par le Seigneur des noms et des attributs! Mais au contraire Il la remue comme Il veut, car l'éphémère est comme rien, en présence de l'Éternel ! C'est Son ordre irrésistible qui m'a obligé à chanter ses louanges parmi tous les peuples. En vérité, j'étais comme mort quand j'entendis son commandement, mais la main de ton Seigneur, le Miséricordieux, m'a transformé.

- Bahá'u'lláh, cité dans Voici le jour promis, p. 36

6. Ô Bien-Aimé de mon coeur! Tu as soufflé en moi ton haleine, et tu m'as ainsi séparé de moi-même. Puis, tu as décrété qu'il ne me serait laissé, vis-à-vis des pervers et des envieux, qu'un faible reflet, qu'un simple emblème de ta réalité. Vois comment, trompés par cet emblème, ils se sont levés contre moi et ont entassé sur ma tête dénis et reniement. Découvre-toi donc, ô mon Bien-aimé, et délivre-moi de mon malheureux sort. Sur quoi une voix répondit : " J'aime, je chéris tendrement cet emblème. Et comment pourrais-je souffrir que mes yeux soient seuls à le voir, qu'aucun autre coeur que le mien ne le puisse reconnaître ? Par ma beauté qui n'est autre que ta propre beauté, je le voudrais plutôt cacher à mes propres yeux, et combien plus aux yeux des hommes ! "

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XL, p. 60-61

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Quels événements ont suivi cette révélation ? Quels ont été les résultats des adversités subies par Bahá'u'lláh ?

1. L'arrivée de Bahá ú'lláh dans le jardin de Najíbíyyih [à Baghdàd], surnommé plus tard jardin du Ridván par ses fidèles, marque le début de ce qui est devenu la plus sacrée et la plus significative de toutes les fêtes bahá'ís : la fête commémorative de la déclaration de sa mission à ses compagnons. [...] Par cet acte solennel, le " délai " d'au moins dix années, divinement interposé entre la naissance de la révélation de Bahá'u'lláh dans le Síyáh-Chál et l'annonce de celle-ci aux disciples du Báb, touchait enfin à son terme. Le "laps de temps fixé pour le secret" pendant lequel, ainsi qu'il a témoigné lui-même, les "signes et les preuves d'une révélation prescrite par Dieu" lui furent envoyés, était révolu. [...] Les dix-neuf années constituant la première Váhid, fixées d'avance dans le Bayán persan par la plume du Báb, avaient pris fin. [...]

Nullement effrayé par la perspective des adversités épouvantables qui, ainsi qu'il l'avait lui-même prédit, n'allaient pas tarder à s'abattre sur lui, et à la veille d'un second exil - qui allait être rempli de nombreux dangers et périls et qui l'éloigneraient encore davantage de sa terre natale, berceau de la foi - exil vers un pays étranger, au point de vue race, langage et culture, ayant nettement conscience de l'agrandissement du cercle de ses adversaires, au nombre desquels allaient bientôt s'ajouter un monarque plus despotique que le sháh Násiri'd-Dín, ainsi que des ministres non moins opiniâtres, dans leur hostilité, que Hájí Mírzá Áqásí ou l'amír-nizám, imperturbable au milieu des interruptions continuelles dues à la légion de visiteurs qui affluaient vers sa tente, Bahá'u'lláh choisit, à cette heure critique et apparemment peu propice, de présenter une revendication aussi hardie, de dévoiler le mystère entourant sa personne et d'assumer, dans leur plénitude, la puissance et l'autorité qui étaient les privilèges exclusifs de celui dont le Báb avait prophétisé l'avènement.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. IX, p. 143-144

Note: Bahá'u'lláh s'est déclaré le Promis en avril 1863, juste avant son exil de Baghdád à Constantinople. Il a été éxilé à Baghdád suivant son emprisonnement dans le Siyyáh-Chál en 1853.

2. La poitrine bénie de Sa Sainteté, le Glorifié [Bahá'u'lláh] , devint une cible pour les traits de l'adversité; et à Mazindarán, les pieds bénis de la Beauté Abhá [...] furent cruellement battus, jusqu'au sang, au point d'être douloureusement blessés ; Il eut aussi le cou chargé de chaînes de captif, et les pieds fixés dans les ceps. Durant une période de cinquante ans, chaque heure vit fondre sur lui une tribulation et une calamité nouvelles, des afflictions et des soucis nouveaux l'assaillirent. Après avoir, par exemple, enduré de profondes vicissitudes, Il fut réduit à errer sans toit ni asile, et Il fut victime, une fois de plus, d'afflictions et de tourments renouvelés. En 'Iráq, la Lumière du monde fut tellement exposée aux ruses du peuple de méchanceté que sa splendeur en fut éclipsée. Plus tard on l'envoya en exil dans la Grande Ville (Constantinople), puis vers la Terre du Mystère (Andrinople); de là, sous le coup d'une grave injustice, Il fut enfin transféré à la Plus Grande Prison ('Akká). Celui que le monde a lésé [...] fut quatre fois banni d'une ville à une autre jusqu'à ce que, condamné à la réclusion perpétuelle, Il fût finalement incarcéré dans cette prison, la prison des brigands et des assassins.

- 'Abdu'l-Bahá, Le Testament d''Abdu'l-Bahá, 1e partie, p. 4

3. 'Akká, [maintenant en Israël], l'ancienne Ptolémée, le Saint-Jean-d'Acre des Croisés, qui avait résisté victorieusement au siège de Napoléon, était tombée, sous la domination turque, au rang de colonie pénitentiaire où les meurtriers, les voleurs de grand chemin et les agitateurs politiques étaient relégués de tous les points de l'Empire turc. Elle était entourée par un dispositif double de remparts, habitée par un peuple que Bahá'u'lláh a stigmatisé comme " une génération de vipères ", et ne possédait aucun réservoir d'eau dans son enceinte ; elle était infestée de puces, humide et percée de ruelles sombres, tortueuses et sales. " D'après ce qu'ils disent ", rapporte [Bahá'u'lláh] dans la Lawh-i-Sultán, " c'est la plus désolée des villes du monde, la plus laide d'entre elles par son aspect, la plus détestable à cause de son climat, et la plus souillée avec son eau polluée. Elle pourrait passer pour la métropole du hibou. " Son atmosphère était tellement viciée que, selon un proverbe, un oiseau qui l'aurait survolée serait tombé raide mort.

Le sultán et ses ministres avaient donné des ordres explicites pour que les exilés, accusés de s'être gravement trompés et d'avoir égaré les autres, soient soumis à la plus stricte des réclusions. On espérait avec confiance que leur condamnation à la prison à vie les conduirait finalement à la mort. Le farmán de sultán 'Abdu'l-'Aziz, daté du [...] 26 juillet 1868, non seulement les condamnait à un bannissement définitif, mais encore stipulait une incarcération rigoureuse, et leur interdisait toute association entre eux ou avec les habitants de la localité.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XI, p. 177-178

4. Le bannissement, qui ne dura pas moins de vingt-quatre ans, auquel deux despotes orientaux unis dans leur implacable animosité et leur étroitesse de vue, avaient condamné Bahá'u'lláh, passera dans l'histoire pour une période qui fut témoin d'un changement miraculeux et vraiment révolutionnaire dans les circonstances entourant la vie et les activités de l'exilé lui-même ; il restera avant tout dans la mémoire à cause de la recrudescence générale des persécutions, intermittentes mais singulièrement cruelles, à travers tout son pays natal, en raison de l'accroissement simultané du nombre de ses fidèles, en raison enfin de l'augmentation considérable de la variété et du volume de ses écrits.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XI, p. 176

5. Voyez comment, en cette dispensation, vauriens et insensés ont follement imaginé que par des moyens tels que le massacre, le pillage et le bannissement, ils pourraient éteindre la lampe allumée par la main du divin pouvoir. Ils semblent ignorer entièrement que cette adversité même dont ils sont les instruments est l'huile qui nourrit la flamme de cette lampe. Tel est le pouvoir divin de transmutation. Il change tout ce qu'il lui plaît de changer. Il a en vérité pouvoir sur toutes choses...

- Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, XXIX, p. 49

6. Ayant, dans ses précédentes années de malheur, montré comment on peut glorifier Dieu dans la pauvreté et l'ignominie, Bahá'u'lláh, dans ses dernières années, à Bahjí, montra comment on peut glorifier Dieu au sein des honneurs et de l'abondance. [...] Bien que sa vie à Bahjí ait été décrite comme vraiment royale, au sens le plus élevé du terme, toutefois il ne faut pas s'imaginer qu'elle l'était par la splendeur matérielle et l'extravagance. [...] Près de son habitation, les croyants aménagèrent un très beau jardin, appelé Ridván (paradis), dans lequel il passait souvent plusieurs journées consécutives et même des semaines [...]. Il visita plusieurs fois 'Akká et Haïfa et, à plusieurs reprises, sa tente fut plantée sur le mont Carmel, comme il l'avait prédit pendant son emprisonnement à 'Akká. [...] Un orientaliste distingué, le professeur Edouard G. Browne de l'université de Cambridge alla voir Bahá'u'lláh à Bahjí en 1890, et il nota ses impressions comme suit :

[...] Bien que je savais vaguement où j'allais et qui j'allais voir (aucune précision ne m'avait été fournie), il me fallut une ou deux secondes avant qui, le coeur battant de surprise et de crainte respectueuse, je réalise que la chambre n'était pas vide. Dans le coin où le divan touchait le mur se tenait un merveilleux et vénérable personnage, couronné d'un coiffure de feutre que les derviches appellent taj [...]. Le visage de celui que je contemplais, je ne saurais l'oublier et pourtant je ne puis le décrire. Ses yeux perçants semblaient pénétrer jusqu'au tréfonds de l'âme ; de larges sourcils soulignaient la puissance et l'autorité, tandis que les rides profondes du front et du visage semblaient indiquer un âge que la chevelure noire comme le jais et la barbe, d'une luxuriance étonnante atteignant presque la taille, semblaient démentir. Il eût superflu de demander en la présence de qui je me trouvais ; je me prosternais devant celui qui fait l'objet d'une vénération et d'un amour que les rois lui envieraient et auxquels les empereurs aspireraient en vain !

Une voix douce, pleine de courtoisie et de dignité me pria de m'asseoir et continua : " Loué soit Dieu de ce que tu sois parvenu au but. Tu es venu voir un prisonnier et un exilé... Nous ne désirons que le bien du monde et le bonheur des nations ; cependant on nous suspecte d'être un élément de désordre et de sédition [...]. "

- J.E. Esslemont, Bahá'u'lláh et l'Ère nouvelle, p. 51-52

7. La nouvelle de [l'ascension de Bahá'u'lláh] fut immédiatement communiquée au sultán 'Abdu'l-Hamíd, dans un télégramme qui commençait par ces mots : " Le soleil de Bahá s'est couché " [...] L'inconsolable Nabíl, [...] décrit ainsi l'agonie de ces journées : " Il me semble que la commotion spirituelle qui s'est emparée du monde de poussière a fait trembler tous les mondes de Dieu... Je suis incapable de dépeindre, ni mentalement ni de vive voix, les conditions dans lesquelles nous nous trouvions... Au milieu de la confusion qui régnait, on pouvait voir une multitude de gens, habitant 'Akká et les villages voisins, se presser dans les champs entourant le manoir, et qui pleuraient, se frappant la tête et exhalant leur chagrin à grands cris. "

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XIII, p. 212

Note: Bahá'u'lláh est décédé le 29 mai, 1892, à l'âge de soixante-quinze ans.

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  Nommez quelques enseignements de Bahá'u'lláh. Selon votre compréhension, quels sont son rang et sa mission ?

1. De tous les principes que renferment [les tablettes de Bahá'u'lláh], le plus nécessaire à la vie est le principe de l'unité et de l'intégrité de la race humaine, qu'on peut considérer comme la marque distinctive de la révélation de Bahá'u'lláh et le pivot de ses enseignements. Le principe de l'unité est d'une importance si essentielle qu'il est expressément mentionné dans le livre de son covenant, et que Bahá'u'lláh proclame, sans réserve aucune, qu'il est le but dominant de sa foi. " Vraiment, déclare-t-il, Nous sommes venu pour unir et souder ensemble tout ce qui est sur la terre. " " Si puissante est la lumière de l'unité, dit-il encore, qu'elle peut éclairer la terre entière. " [...] " Le monde, proclame-t-il, est un seul pays dont tous les hommes sont les citoyens. " Il affirme aussi que l'unification de l'humanité, la dernière étape de son évolution vers la maturité, est inévitable, que " bientôt, l'état de choses actuel sera révolu et qu'un nouvel ordre sera déployé à sa place ", que " toute la terre est actuellement en état de gestation ", que " le jour approche où elle produira ses fruits les plus magnifiques, où elle portera les arbres les plus élancés, les fleurs les plus ravissantes, les plus grands bienfaits du ciel. "

Il déplore l'imperfection de la situation qui règne, dénonce l'insuffisance du patriotisme en tant que force capable de diriger et de maîtriser la société humaine, et considère que " l'amour de l'humanité " et le service consacré à ses intérêts sont les objectifs les plus louables et les plus dignes des efforts de l'homme. [...] Il ordonne que les principes religieux soient enseignés aux enfants dans toutes les écoles, d'une façon qui ne donne pas naissance aux préjugés ni au fanatisme, attribue " l'entêtement de l'impie " au " déclin de la religion ", et prédit des " convulsions " d'une gravité telle, que " les membres du genre humain en trembleront ".

[...] Avec [le livre L'Épître au Fils du Loup], révélé un an environ avant son ascension, on peut dire que l'oeuvre prodigieuse de l'auteur d'une centaine de volumes, recueils des perles inestimables de sa révélation, était pratiquement terminée. Ces volumes sont remplis d'innombrables exhortations, de principes révolutionnaires, de lois et ordonnances destinées à façonner le monde, de terribles avertissements et de sinistres prophéties ainsi que de prières et de méditations pour l'élévation de l'âme, de commentaires et d'interprétations lumineuses, d'homélies et de discours pleins d'ardeur, le tout entremêlé d'adresses ou d'allusions destinées aux rois, aux empereurs et aux ministres orientaux et occidentaux, aux ecclésiastiques de toutes dénominations et aux dirigeants des diverse sphères de l'activité de l'homme : intellectuelle, politique, littéraire, mystique, commerciale et humanitaire.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XII, p. 207-210

Note : Un excellent résumé des enseignements sociaux de la foi bahá'íe se trouve dans Causeries d'Abdu'l-Bahá à Paris.

2. Les fondateurs successifs de toutes les religions du passé qui, de temps immémorial, ont répandu avec une intensité toujours croissante la splendeur d'une seule révélation commune dans les différents stades qui ont marqué la progression du genre humain vers sa maturité, peuvent donc, en un sens, être considérés comme des manifestations préliminaires, qui anticipent et préparent la voie à l'avènement de ce jour des jours, quand la terre entière aura fructifié et que l'arbre de l'humanité aura produit le fruit qui lui était destiné.

Pour incontestable que soit cette vérité, son caractère revendicatif ne devrait jamais permettre d'obscurcir le dessein ou de déformer le principe qui reste à la base des paroles de Bahá'u'lláh, des paroles qui ont établi pour toujours l'unité absolue de tous les prophètes, lui compris, qu'ils appartiennent au passé ou à l'avenir. Bien que la mission des prophètes qui ont précédé Bahá'u'lláh puisse être considérée sous ce jour, bien que la mesure de la révélation divine confiée à chacun d'eux doive nécessairement différer - étant un résultat de ce processus d'évolution -, leur origine commune, leur unité essentielle et l'identité de leur dessein ne devraient à aucun moment et en aucune circonstance être mal comprises ou niées. [...]

Aucune variation dans la splendeur que chacune de ces manifestations de la lumière de Dieu a répandue sur le monde ne devrait être attribuée à quelque supériorité inhérente au caractère essentiel de l'une d'elles, mais plutôt à la capacité progressive, à la réceptivité spirituelle toujours croissante que le genre humain, dans sa marche ascendante vers la maturité, n'a cessé de témoigner. [...]

Ceux-là seuls qui veulent associer la révélation proclamée par Bahá'u'lláh à l'achèvement d'une si prodigieuse évolution dans la vie collective de la race humaine tout entière peuvent saisir la portée des paroles que, faisant allusion aux gloires de ce jour promis et à la durée de l'ère bahá'íe, il a jugé à propos de prononcer. " Voici le roi des jours ", s'exclame-t-il [...] " Heureux celui qui a vécu pour voir ce jour et a reconnu son rang. " [...] " Dans cette très grandiose révélation, déclare dans un langage catégorique Bahá'u'lláh, toutes les dispensations du passé ont atteint leur plus haut, leur ultime accomplissement. "

- Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, chapitre 7, p. 155-156

3. Combien vaste est la révélation de Bahá'u'lláh ! Combien immense, l'ampleur de ses bénédictions déversées sur l'humanité en ce jour ! Et pourtant, qu'elle est pauvre et inadéquate notre conception de leur importance et de leur gloire ! Cette génération-ci est trop proche d'une révélation aussi colossale pour apprécier pleinement les possibilités infinies de sa foi, le caractère sans précédent de sa cause et les bienfaits mystérieux de sa providence.

Dans l'Íqán, [le Livre de la Certitude], Bahá'u'lláh, désirant mettre en relief le caractère transcendant de ce nouveau jour de Dieu, renforce la puissance de son argument d'une référence au texte d'une tradition exacte et autorisée, qui révèle : La connaissance se compose de vingt-sept lettres. Tout ce qu'ont révélé les prophètes, ce sont deux de ces lettres. Nul homme, à ce jour, n'a connu plus que ces deux lettres. Mais quand surviendra le Qá'im, il suscitera la manifestation des vingt-cinq lettres restantes. [...]

Le Christ lui-même, s'adressant à ses disciples, n'a-t-il pas prononcé ces paroles : J'ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. Mais quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière.

- Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, chapitre 2, p. 21-22

4. C'est lui que David chante dans ses Psaumes, l'acclamant comme le "Seigneur des armées " et le " Roi de gloire ". [...] C'est de lui que Zoroastre a voulu parler lorsque, d'après la tradition, il prédit qu'une période de trois mille ans de conflits et de discordes devra obligatoirement précéder l'avènement de Shah Bahrám, le sauveur du monde, qui triomphera d'Ahriman et ouvrira une ère de bénédictions et de paix.

C'est de lui seul qu'il s'agit dans la prophétie attribuée à Gautama Bouddha, d'après laquelle " un Bouddha nommé Maytreya, le Bouddha de la fraternité universelle", se lèvera quand les temps seront accomplis, et révélera " sa gloire infinie ". C'est lui que désigne la Bhagavad-Gita des hindous sous les noms de " très grand Esprit ", de " dixième Avatar " et de " Manifestation immaculée de Krishna ".

Jésus-Christ parle de lui comme du " prince de ce monde ", du " consolateur " qui "convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement ", de " l'Esprit de vérité" qui " vous conduira dans toute la vérité ", qui " ne parlera pas de lui-même, mais qui dira tout ce qu'Il aura entendu " [...]

Saint Paul évoque l'heure de son avènement, à l'heure où retentira la " dernière trompette ", la " trompette de Dieu ", tandis que saint Pierre en parle comme du " jour de Dieu où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments fondront sous une chaleur ardente ". C'est son jour qu'il décrit en outre comme " le temps du renouveau ", " le temps de la restitution de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de tous ses saints prophètes, depuis le commencement du monde. "

C'est à lui que Muhammad, l'Apôtre de Dieu, fait allusion dans son livre, l'appelant la "grande Nouvelle ", et déclarant que son jour serait le jour où " Dieu descendra environné de nuages ", le jour où " viendront ton seigneur ainsi que les anges, rang après rang ", où " l'Esprit s'élèvera et où les anges seront alignés en ordre ". [...]Dans les pages de ce même livre, il rend un brillant hommage à son jour, le célébrant comme le grand jour, le dernier jour, le jour de Dieu, le jour du jugement...

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. VI, p. 90-92

5. Dans les cycles passés, chacune des manifestations de Dieu a tenu son propre rang dans le monde de l'existence, et chacune d'elles a représenté une phase particulière du développement de l'humanité, mais la manifestation du Plus Grand Nom (que ma vie soit sacrifiée pour ses bien-aimés!) fut une expression de la maturité de l'intime réalité humaine en ce monde de l'existence.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d'Abdu'l-Bahá, #27, p. 55

Note: Selon 'Abdu'l-Bahá, "La condition d'Adam, par rapport à l'apparition et à la manifestion des perfections divines, était la condition de l'embryon ; celle du Christ fut la condition de la maturité et de l'âge de raison ; et [Bahá'u'lláh] fut le degré de la perfection de l'essence et de la perfection des qualités. " (Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, Chap. 30, p. 129-130.) Pour plus des renseignements sur " Les cycles universels ", voir Les Bases de l'unité du monde, d''Abdu'l-Bahá, p. 76-77.

6. Qui peut douter qu'un tel accomplissement - l'entrée de la race humaine dans l'âge de sa majorité - doive signaler à son tour l'inauguration d'une civilisation mondiale telle que nul oeil mortel n'en a encore contemplée ou que nul esprit humain n'en a encore conçue ? Qui peut imaginer le niveau élevé qu'une telle civilisation est destinée à atteindre au fur et à mesure qu'elle se développera ? Qui peut mesurer les sommets vers lesquels l'intelligence humaine, libérée de se entraves, est capable de s'élever ? Qui peut se représenter les royaumes que découvrira l'esprit humain, vivifié par la diffusion de la lumière de Bahá'u'lláh qui brillera dans la plénitude de sa gloire ?

- Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, chapitre 7, p. 200

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 Les figures centrales : 'Abdul'l-bahá

Session huit

Qui est 'Abdu'l-Bahá ? Décrivez brièvement son rang et sa mission..

1. Sous l'impulsion divine, un processus dynamique, doué de possibilités dont on n'avait jamais rêvé, d'une portée mondiale, capable, par ses conséquences finales, de transformer le monde, avait été mis en mouvement, au cours de cette nuit mémorable où le Báb fit part du but de sa mission à Mullá Husayn, dans un quartier retiré de Shíráz. Ce processus acquit une énorme vitalité lors de la première annonce de la révélation naissante de Bahá'u'lláh, qui eut lieu dans les ténèbres du Síyáh-Chal, de Tihrán. Il fut encore accéléré par la déclaration de sa mission, à la veille de son départ en exil pour Baghdád. Il atteignit un développement maximum avec la proclamation de cette même mission pendant les années orageuses de son exil à Andrinople. Sa pleine signification fut mise en lumière lors des appels, des injonctions et avertissements historiques que l'auteur de cette mission adressa aux rois et aux chefs ecclésiastiques du monde. [...]

Pour diriger et canaliser ces forces mises en liberté par ce processus providentiel, et pour assurer leur action harmonieuse et continue après son ascension, un instrument divinement choisi, revêtu d'une autorité indiscutable, organiquement relié à l'auteur même de la révélation, était évidemment indispensable. Cet instrument, Bahá'u'lláh l'a précisément fourni en créant l'alliance*, institution qu'il a fermement établie avant son ascension. [...]

Écrit entièrement de sa main, il fut décacheté le neuvième jour après son ascension, en présence de neuf témoins choisis parmi ses compagnons et parmi les membres de sa famille. [...] Cette alliance a été léguée à la postérité sous forme d'un testament qui, avec le Kitáb-i-Aqdas et plusieurs tablettes - dans lesquels le rang et la condition spirituelle d''Abdu'l-Bahá sont révélés sans équivoque -, constituent les principaux supports que le Seigneur de l'alliance a conçus pour protéger et soutenir, après son ascension, le Centre désigné de sa foi, l'artisan de ses institutions futures.

Dans ce document incomparable et de haute importance, l'auteur [...] ordonne [à ses fidèles], ainsi qu'aux afnáns (parents du Báb) et à ses propres parents, de " se tourner tous sans exception vers la plus grande Branche " ('Abdu'l-Bahá) ; il l'identifie avec " celui que Dieu avait en vue ", " celui qui est issue de cette Racine préexistante " [...]

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XIV, p. 227-229

Note: " Quant au sens de l'alliance bahá'íe : le Gardien estime qu'il existe deux formes d'alliance, dont mention est faite expressément dans la littérature de la Foi. Il y a d'abord l'alliance que fait chaque prophète avec l'humanité, ou de façon plus circonscrite, avec son peuple, de telle sort qu'ils acceptent et qu'ils suivent la Manifestation qui doit venir après lui, et qui sera la nouvelle apparition de sa propre réalité. La deuxième sorte d'alliance est comme celle que fit Bahá'u'lláh avec son peuple, afin qu'ils reconnaissent l'autorité du Maître ['Abdu'l-Bahá]. Ceci n'a d'autre but que de bien asseoir et de renforcer la série de lumières qui doivent apparaître et se succéder après chaque Manifestation. C'est dans cette même catégorie que l'on doit ranger l'alliance que fit le Maître avec les bahá'ís, de telle sorte qu'ils acceptent le corps administratif qui viendrait après lui. "

- Shoghi Effendi, Directives of the Guardian, #43, p. 14-15 [traduction provisoire]

2. C'était celui dont la naissance, comme un heureux présage, avait eu lieu en cette inoubliable nuit [le 23 mai 1844], où le Báb avait dévoilé le caractère transcendant de sa mission à son premier disciple Mullá Husayn. C'était celui qui, encore tout enfant, assis sur les genoux de Táhirih, avait enregistré l'émouvante signification de l'exaltant défi que cette héroïne indomptable avait adressé à son condisciple, l'érudit et célèbre Vahíd. C'était celui dont l'âme sensible avait été marquée comme au fer rouge par la vision ineffaçable d'un père hagard, échevelé, chargé de chaînes, à l'occasion d'une visite qu'il lui fit, à l'âge de neuf ans, dans le Síyáh-Chál, à Tihrán. C'est contre lui qui, pendant sa tendre enfance, alors que son père était détenu dans ce cachot, s'était tournée la malveillance d'un foule de voyous des rues qui lui jetèrent des pierres, le dénigrèrent et le couvrirent de ridicule. Il lui avait été donné de partager avec son père, peu après la sortie de prison de celui-ci, les rigueurs et les misères d'un bannissement cruel, loin de son pays natal, ainsi que les épreuves qui aboutirent à la retraite forcée de Bahá'u'lláh dans les montagnes du Kurdistán. C'était lui qui, dans son chagrin inconsolable d'être séparé d'un père adoré, avait confié à Nabíl, comme l'atteste celui-ci dans son récit, son impression d'être devenu vieux, alors qu'il n'était encore qu'un enfant d'âge tendre. C'est à lui qu'échut l'unique privilège de percevoir, dès son enfance, toutes la gloire du rang non encore dévoilé de son père, constatation qui l'avait poussé à se jeter à ses pieds et à implorer spontanément la faveur de sacrifier sa vie pour lui. [...]

Lui seul s'était vu accorder le privilège d'être appelé " le Maître ", honneur que son père avait strictement refusé à tous ses autres fils. C'est à lui qu'un père aimant et infaillible avait décidé de conférer le titre unique de " Sirr'u'lláh " (le Mystère de Dieu), titre si bien approprié à celui qui, quoique de nature purement humaine, et occupant une position foncièrement et essentiellement différente de celle de Bahá'u'lláh et de son précurseur, pouvait quand même se prévaloir d'être le modèle parfait de sa foi, d'être doué d'un savoir surhumain, et d'être considéré comme le miroir sans tache réfléchissant sa lumière. C'est à lui que ce même père, alors à Andrinople, fait allusion dans le Súriy-i-Ghusn (Tablette de la Branche), comme à " cet être sacré et glorieux, cette Branche de sainteté ", " ce bras de la loi de Dieu ", sa " plus grande faveur " envers les hommes, sa " plus parfaite générosité " à leur égard, celui par qui " tout os tombant en poussière est ranimé ", et déclare que " quiconque se tourne vers lui s'est tourné vers Dieu ", et que " ceux qui se privent de l'ombre de la Branche s'égarent dans le désert de l'erreur ". [...]

Et maintenant, pour couronner les honneurs, les privilèges et les avantages inestimables octroyés avec une abondance toujours croissante tout au long des quarante années du ministère de son père, à Baghdád, à Andrinople et à 'Akká, il était élevé à la haute fonction de Centre de l'alliance de Bahá'u'lláh, et désigné comme successeur de la manifestation de Dieu elle-même, position qui allait lui donner le pouvoir d'imprimer un élan extraordinaire à l'extension, dans d'autres pays, de la foi de son père, de développer sa doctrine, d'abattre toutes les barrières qui gêneraient sa marche, d'appeler à l'existence et de décrire les caractéristiques de l'ordre administratif de cette foi, l'enfant de l'alliance, l'avant-coureur de cet ordre mondial dont l'établissement doit signaler, inéluctablement, la naissance de l'âge d'or de la dispensation bahá'í.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XIV, p. 230-232

3. Une tâche dont je ressens vivement la nécessité à l'heure actuelle est celle de clarifier nos pensées quant au rang occupé par 'Abdu'l-Bahá et à l'importance de sa position dans cette sainte dispensation. En effet, il nous serait difficile - à nous qui sommes aussi près d'une figure si formidable et qui sommes attirés par le pouvoir mystérieux de cette personnalité si magnétique - d'arriver à une compréhension claire et exacte du rôle et du caractère d'un être qui, non seulement dans la dispensation de Bahá'u'lláh, mais aussi dans tout le champ de l'histoire religieuse, remplit une fonction unique. Bien qu'il évolue dans une sphère qui lui est propre, et bien qu'il occupe un rang radicalement différent de ceux de l'auteur et du précurseur de la révélation bahá'íe, il forme avec eux, en vertu du rang qui à été ordonné pour lui par l'alliance de Bahá'u'lláh, ce qu'on peut appeler les trois figures centrales d'une foi qui demeure sans pareille dans l'histoire spirituelle du monde. De concert avec eux, il domine les destinées de cette foi de Dieu encore dans l'enfance, et se tient à une hauteur qu'aucun individu ou aucun corps constitué appelé après lui à pouvoir aux besoins de la foi ne pourra jamais espérer atteindre, avant qu'au moins un millénaire entier ne soit révolu. Rabaisser son rang éminent, en l'assimilant ou en le considérant comme approximativement équivalent à la position de ceux sur lesquels s'est posé le manteau de son autorité, serait une acte d'impiété aussi grave que la croyance également hérétique qui tend à l'élever à un rang d'égalité absolue avec la figure centrale ou avec le précurseur de notre foi. Car, pour immense que soit l'abîme qui sépare 'Abdu'l-Bahá de celui qui est la source d'une révélation indépendante, il est sans commune mesure avec la distance encore plus grande entre celui qui est le Centre de l'alliance et ses serviteurs chargés de poursuivre son oeuvre, quels qui soient leur nom, leur rang, leurs fonctions ou leurs accomplissements futures. [...]

Que 'Abdu'l-Bahá ne soit pas une manifestation de Dieu ; que, bien qu'il soit le successeur de son père, il n'occupe point un rang analogue ; que personne d'autre, hormis le Báb et Bahá'u'lláh, ne puisse jamais prétendre à un tel rang avant l'expiration d'un millénaire entier, ce sont des vérités enchâssées tant dans les propos explicites du fondateur de notre foi que dans ceux de l'interprète de ses enseignements.

Le Kitáb-i-Aqdas contient cet avertissement formel : Quiconque prétend à une révélation directe de Dieu avant l'expiration de mille ans révolus est assurément un imposteur et un menteur.

- Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, p. 122-123

4. Il est, et devrait être considéré à jamais, en tout premier lieu, comme le centre et le pivot de l'incomparable alliance universelle de Bahá'u'lláh, comme son oeuvre la plus exaltée, le miroir immaculé de sa lumière, l'exemple parfait de ses enseignements, l'interprète infaillible de sa parole, la personnification de chaque idéal bahá'í, l'incarnation de toute vertu bahá'íe, la plus Grande Branche issue de l'Antique Racine [...] Il est, par-delà ces appellations, le mystère de Dieu ; une expression choisie par Bahá'u'lláh lui-même pour le désigner et qui, alors qu'elle ne justifie en aucune manière que nous lui assignions le rang de prophète, nous indique comment, en la personne d''Abdu'l-Bahá, les caractéristiques incompatibles d'une nature humaine et d'une connaissance et d'une perfection suprahumaine ont été fondues et sont en complète harmonie.

Quand l'océan de ma présence aura reflué et que le livre de ma révélation sera achevé, proclame le Kitáb-i-Aqdas, tournez vos visages vers celui qui est le dessein de Dieu, celui qui est la Branche issue de cette Antique Racine. Et encore : Quand la colombe mystique, de son sanctuaire de louange, aura pris son envol pour atteindre son but lointain, sa demeure cachée, soumettez tout ce que vous ne comprenez pas dans le Livre à celui qui est la Branche issue de cette puissante souche.

- Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh,. p. 125

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Nommez quelques-uns des accomplissements d''Abdu'l-Bahá.

1. En dépit de [...] graves persécutions intermittentes, la foi, qui avait éveillé en ses héros un esprit aussi rare de sacrifice personnel, progressait régulièrement et sans bruit. Un moment submergée et presque anéantie dans la sombre période qui suivit le martyre du Báb, dirigée en secret pendant tout le ministère de Bahá'u'lláh, elle commença, après l'ascension de celui-ci, sous la direction infaillible et grâce à inépuisable sollicitude d'un Maître sage, vigilant et aimant, à rassembler ses forces, et à former les institutions embryonnaires qui devaient préparer la voie à l'établissement futur de son ordre administratif. C'est pendant cette période que le nombre des croyants se multiplia rapidement, que son champ, qui s'étendait maintenant à toutes les provinces [d'Irán], s'agrandit régulièrement, et que les formes rudimentaires de ses assemblées futures prirent naissance. C'est au cours de cette période, à une époque où les écoles d'état et les collèges n'existaient pratiquement pas dans ce pays, et où l'éducation donnée à ce moment dans les institutions religieuses était lamentablement déficiente, que les premières écoles bahá'íes furent fondées, d'abord celle de Tarbíyat, à Tihrán, pour garçons et filles, puis les [...] autres institutions éducatrices semblables [...] C'est au cours de ces années mêmes que les foules abandonnèrent totalement le terme de bábí qui désignait les disciples de Bahá'u'lláh en Perse et le remplacèrent par le mot bahá'í ... - Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XX, p. 289 2. Les voyages historiques d''Abdu'l-Bahá en Occident, et en particulier sa tournée de huit mois aux États-Unis d'Amérique, peuvent être considérés comme marquant l'apogée de son ministère, un ministère dont les bénédictions indicibles et les réalisations stupéfiantes ne pourront être appréciées à leur juste valeur que par les générations futures. De même que le soleil de la révélation de Bahá'u'lláh avait brillé dans toute sa splendeur au moment où, de la ville d'Andrinople, il proclama son message aux souveraines de la terre, ainsi l'orbe de son alliance atteignit son zénith et répandit ses rayons les plus éclatants lorsque celui qui était son Centre désigné se leva pour proclamer publiquement la gloire et la grandeur de la foi de son père, devant les peuples d'Occident. [...] Les progrès et l'expansion de la foi de son père en Orient, la mise en route des activités et des entreprises que l'on peut considérer comme marquant les premiers pas d'un futur ordre administratif, l'érection du premier Mashriqu'l-Adhkár du monde bahá'í dans la ville d''Ishqábád, au Turkistán russe, l'enrichissement de la littérature bahá'íe, la révélation des tablettes du Plan divin et l'introduction de la foi sur le continent australien, ces faits peuvent être considérés comme les réalisations exceptionnelles qui ont rehaussé les annales glorieuses du ministère sans pareil d''Abdu'l-Bahá. - Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XX, p. 285-286

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Quel a été l'effet de la personnalité d''Abdu'l-Bahá sur ceux qui sont entrés en contact avec lui ?

1. L'arrivée de quinze pèlerins en trois groupes successifs dont le premier, comprenant le docteur et Mme Getsinger, atteignit la ville pénitentiaire d''Akká le 10 décembre 1898 ; le contact personnel qui s'établit entre le Centre de l'alliance de Bahá'u'lláh et les hérauts de sa révélation qui venaient de se lever en Occident ; [...] ses explications lumineuses et les preuves multiples de son amour divin, tous ces faits indiquent le commencement d'une époque nouvelle dans le développement de la foi en Occident, époque dont la portée fut amplement démontrée par les actes que certains de ces mêmes pèlerins et de leurs condisciples accomplirent par la suite.

" De cette première rencontre ", écrivit l'une de ces pèlerines, notant ses impressions, " je ne puis me remémorer ni joie ni peine, ni rien que je puisse exprimer. J'ai été transportée brusquement à une trop grande hauteur ; mon âme est entrée en contact avec l'Esprit divin, et cette force si pure, si sainte, si puissante, m'a terrassée... Nous ne pouvions détacher nos yeux de son glorieux visage. Nous entendions tout ce qu'il disait. Sur son invitation, nous bûmes le thé avec lui. Mais l'existence semblait en suspens. Et lorsqu'il se leva et nous quitta soudainement, nous revînmes à la vie avec un tressaillement, mais plus jamais, oh non, jamais, Dieu merci, au même genre de vie sur cette terre. " "Dans la puissance et la majesté de sa présence ", déclare cette même personne, évoquant la dernière entrevue accordée au groupe dont elle faisait partie, " notre anxiété se transforma en foi absolue, notre faiblesse en force, notre chagrin en espoir, et nous oubliâmes notre moi, dans notre amour pour lui. Comme nous étions tous assis devant lui, dans l'attente de ses paroles, quelques croyants pleurèrent avec désolation. Il les invita à sécher leurs larmes, mais pendant un moment, ils n'y parvinrent pas. Alors, de nouveau, il leur demanda de ne point pleurer, par amour pour lui, ne voulant pas nous parler ni nous enseigner tant que toutes larmes ne seraient pas bannies... "

"... Ces trois jours ", témoigna Mme Hearst elle-même, dans une de ses lettres, " furent les jours les plus mémorables de ma vie... Je n'essaierai pas de décrire le Maître, et que ma plus grande bénédiction en ce monde est d'avoir eu le privilège de me trouver en sa présence et de voir son visage sanctifié... Sans aucun doute, 'Abbás Effendi est le messie de ce jour et de cette génération, et nous n'avons pas besoin d'en chercher un autre. " " Je dois dire ",écrivit-elle encore dans une autre lettre, qu'" Il est l'être le plus merveilleux que j'ai jamais rencontré ou espéré rencontrer en ce monde... L'atmosphère spirituelle qui l'entoure, et qui influence très puissamment tous ceux qui ont le bonheur d'être près de lui, est indescriptible... Je crois en lui de tout mon coeur et de toute mon âme, et j'espère que tous ceux qui se disent croyants lui reconnaîtront toute la grandeur, toute la gloire et toutes les louanges, car sûrement il est le fils de Dieu, et l'esprit du Père demeure en lui. " [...]

Le retour de ces pèlerins enivrés de l'amour de Dieu, les uns en France, les autres aux États-Unis, fut le signal d'un déchaînement d'activité systématique et soutenue qui, en prenant de l'importance et en étendant ses ramifications à travers l'Europe occidentale ainsi que dans les États et provinces d'Amérique du Nord, atteignit une telle envergure qu''Abdu'l-Bahá lui-même décida d'entreprendre personnellement une mission en Occident dès qu'il serait libéré de sa détention prolongée à 'Akká.

- Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XVI,, p. 246-247

Note: Après la chute du sultán 'Abdu'l-Hamíd a libéré 'Abdu'l-Bahá en 1909, Il a visité l'Egypte, l'Angleterre, la France, puis les États-Unis et le Canada (11 avril - 5 déc., 1912). Il a aussi visité Edinburgh, Stuttgart, Budapest, et Vienne.

2. " Lorsque 'Abdu'l-Bahá visita ce pays pour la première fois en 1912 ", écrit un commentateur de ses voyages en Amérique, " il trouva un nombre considérable d'auditeurs sympathiques qui attendaient pour l'accueillir personnellement et pour recevoir, de ses propres lèvres, son message d'amour et de spiritualité... Au-delà des paroles prononcées, il y avait quelque chose d'indescriptible dans sa personnalité qui impressionnait profondément tous ceux qui se trouvaient en sa présence. Sa tête auguste, sa barbe de patriarche, ses yeux dont le regard semblait s'être porté par-delà le temps et la perception sensorielle, sa voix douce et pourtant claire et pénétrante, son humilité qui transparaissait, son amour jamais en défaut, et par-dessus tout, l'impression de puissance mêlée à la douceur qui donnait à tout son être la rare majesté d'une haute élévation spirituelle - élévation spirituelle qui la plaçait à part et en même temps le rendait proche de l'âme la plus humble - , c'était tout cela et bien plus encore, qui ne pourra jamais être défini et qui laissa... à ses nombreux amis des souvenirs ineffaçables et indiciblement précieux. " - Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, Chap. XIX, p. 279-280

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 Qu'est-ce qu''Abdu'l-Bahá a prévu pour le futur de la Cause avant son ascension ?

1. Mon Dieu, Mon Dieu! Tu vois ton serviteur opprimé étroitement enserré par les griffes de lions féroces, de loups ravisseurs, de bêtes sanguinaires. Aide-moi de ta clémence, de par mon amour pour Toi, à boire jusqu'à la lie, le calice rempli de ta grâce généreuse et qui déborde de fidélité envers Toi afin que, tombé dans la poussière, je m'affaisse sans connaissance, les vêtements rougis de mon sang. C'est là mon souhait, le désir de mon coeur, mon espoir, ma fierté et mon gloire. [...] J'en appelle à ton témoignage : pas un jour ne s'écoule où je ne m'abreuve abondamment à cette coupe, à cause des méfaits si cruels de ceux qui ont brisé l'alliance, allumé la discorde, manifesté leur méchanceté, excité la sédition dans le pays et qui t'ont déshonoré parmi tes serviteurs. Seigneur! Garde la puissante Forteresse de ta Foi contre ces briseurs de l'alliance et protège ton Sanctuaire secret contre l'assaut des impies. Tu es en vérité le Puissant, le Bienveillant, le Fort.

- 'Abdu'l-Bahá, Le Testament d''Abdu'l-Bahá, 1e partie, p. 18

Note : Dans toute l'histoire de la Cause, il y a eu des " briseurs de l'alliance " qui ont semé la discorde dans la communauté bahá'íe, désobéi aux plus hautes instances d'autorité, falsifié des textes sacrés et fait des critiques et de fausses accusations sur les bahá'ís et les enseignements bahá'ís auprès du gouvernement et dans le grand public. Lorsqu'une personne est ainsi désignée par Bahá'u'lláh ou par un de ses successeurs dans l'alliance, il est interdit aux croyants de s'associer à cet individu afin de préserver l'unité de la Cause.

2. Ô vous, bien-aimés de Dieu, ces jours sont ceux de la constance, de la fermeté et de la persévérance dans la Cause de Dieu. Vous ne devez pas concentrer votre attention sur la personne d''Abdu'l-Bahá car, bientôt il vous fera ses adieux. Vous devez plutôt fixer votre regard sur la parole de Dieu. Si la parole de Dieu est propagée, réjouissez-vous ; soyez heureux et reconnaissants, même si 'Abdu'l-Bahá lui-même est menacé par l'épée et ploie sous les chaînes et les fers, car c'est le temple sacré de la Cause de Dieu qui importe, et non le corps physique d''Abdu'l-Bahá. Les amis de Dieu doivent se lever avec une telle fermeté que si, à un moment quelconque, cent âmes telles qu''Abdu'l-Bahá deviennent les cibles des flèches de l'affliction, elles ne dériveront et n'hésiteront point dans leur résolution, leur détermination, leur enthousiasme, leur dévouement et leur service pour la Cause de Dieu. 'Abdu'l-Bahá est lui-même un serviteur au seuil de la Beauté Bénie et une manifestation de pure et d'extrême servitude au seuil du Tout-Puissant. Il n'a pas d'autre état ou de titre, nul autre rang ou pouvoir. Ceci est mon ultime but, mon éternel paradis, mon temple le plus sacré et mon Sadratu'l-Muntahá (divin Lotus de la Limite). Avec la Beauté Bénie d'Abhá et l'Exalté, son Héraut - que ma vie soit sacrifiée pour eux deux ! - s'est terminée l'apparition de la manifestation indépendante et universelle de Dieu. Pendant mille ans, l'humanité tout entière sera illuminée par ses lumières et soutenue par l'océan de ses faveurs.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d''Abdu'l-Bahá, #225, p. 293-294

3. Bientôt prendront fin vos jours éphémères. La renommée, les richesses, les consolations et les joies de ce monceau de décombres, le monde, se seront évanouies sans laisser de traces. Exhortez donc le peuple de Dieu, et invitez l'humanité à suivre l'exemple de l'assemblée divine. Soyez des pères aimants pour l'orphelin, un refuge pour les âmes en détresse, un trésor pour les pauvres et un remède pour les malades. Secourez chaque victime de l'oppression et soutenez les défavorisés. Veillez, à tout instant, à rendre quelque service à chacun des membres de la race humaine. Ne vous souciez pas de l'aversion, du refus, du mépris, de l'hostilité, de l'injustice ; comportez-vous de manière vertueuse. Soyez sincèrement bon, pas seulement en apparence. Que chacun des bien-aimés de Dieu fixe son attention sur ce comportement-ci : être la miséricorde du Seigneur envers l'homme, être la grâce du Seigneur. Faire du bien à chaque personne rencontrée sur le chemin, et être pour elle une source de bienfait. S'efforcer d'améliorer le caractère de chacun et d'orienter à nouveau les esprits des hommes. Ainsi la lumière de la direction divine continuera à briller et les bénédictions de Dieu berceront l'humanité tout entière, car l'amour est lumière, quelle que soit sa demeure, et la haine est ténèbre, où qu'elle fasse son nid. Ô amis de Dieu ! Efforcez-vous de bannir à tout jamais cette obscurité, afin que le Mystère caché puisse se révéler et que soit dévoilée la secrète essence de toute chose.

- 'Abdu'l-Bahá, Sélections des Écrits d''Abdu'l-Bahá, #1, p. 3 -4

4. Ô mes amis affectueux ! Après la disparition de cet opprimé, il incombe aux Aghsán (Branches), au Afnán* (Rameaux) de l'Arbre Sacré, aux Mains (piliers) de la Cause de Dieu et aux bien-aimés de la Beauté d'Abhá, de se tourner vers Shoghi Effendi - la jeune branche issue des deux Arbres sanctifiés et sacrés, le fruit de l'union des deux rejetons de l'Arbre de Sainteté - car c'est lui le signe de Dieu, la branche élue, le Gardien de la Cause de Dieu, celui vers lequel doivent se tourner tous les Aghsán, les Afnán, les Mains de la Cause de Dieu, ainsi que ses bien-aimés. Il est l'interprète des paroles de Dieu et, après lui, le premier-né de ses descendants directs lui succédera.

La jeune branche sacrée, le Gardien de la Cause de Dieu, ainsi que la Maison Universelle de Justice qui doit être établie par les élections universelles, sont toutes deux sous la garde et la protection de la Beauté d'Abhá, sous la sauvegarde et l'infaillible direction de Sa Sainteté, le Glorifié (que ma vie leur soit offerte à tous deux). Tout ce qu'ils décident vient de Dieu. Quiconque n'obéit pas au Gardien ni à la Maison Universelle de Justice n'a pas obéi à Dieu ; quiconque se révolte contre lui et contre elle s'est révolté contre Dieu ; quiconque s'oppose à lui s'est opposé à Dieu ...

- 'Abdu'l-Bahá, Le Testament d'Abdu'l-Bahá, p. 22-23

Note: La Maison Universelle de Justice a été élue pour la première fois en 1963, et tous les cinq ans après.

5. Bientôt viendra le jour où la lumière de l'unité divine aura si bien pénétré l'Est et l'Ouest qu'aucun homme n'osera plus l'ignorer. [...] Tout ce qui est en puissance au plus profond de ce cycle sacré va progressivement apparaîtra et être rendu manifeste, car aujourd'hui n'est que le commencement de sa croissance et l'aurore de la révélation de ses signes.

- 'Abdu'l-Bahá, cité dans L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, p.106

 

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